Lot-et-Garonne : une ferme biologique au beau milieu d’une gravière de Lafarge

Camille Groc

La carrière actuelle, vaste de 58 hectares, arrivera en fin d’exploitation en mai 2023. L’extraction continuera sur une zone de 50 hectares de terres arables attenantes, mais celles-ci seront restituées progressivement à l’agriculture. « Sur cette surface, 15 hectares seront complètement préservés, explique Isabelle Bazin, responsable du foncier pour la société de matériaux. À mesure que l’extraction avance, les sols seront reconstitués. Dans quinze ans, 25 hectares seront dédiés à l’agriculture biologique. » Le reste sera « renaturisé », comme l’a été presque totalement l’ancien site.

Faire plus que compenser

« C’est un projet pilote inédit à l’échelle de l’entreprise », indique la salariée de Lafarge. La société ne pouvait pas se passer des ressources que recèlent les sols de Lagruère, et le territoire non plus. La production, 200 000 tonnes par an, « est distribuée à 60 % sur le territoire de Val de Garonne pour la construction des routes et des autres infrastructures ».

Non loin de la réserve naturelle de la Mazière, la gravière actuelle a été réhabilitée à 85 % et restera un lieu préservé pour la biodiversité.

Non loin de la réserve naturelle de la Mazière, la gravière actuelle a été réhabilitée à 85 % et restera un lieu préservé pour la biodiversité.

Camille Groc

Pour Lafarge, l’objectif est d’aller au-delà des réglementations en étant acteur des enjeux fixés par la commune. « La compensation est une obligation légale, rappelle le maire, Jacques Verdelet, mais nous voulions qu’elle se fasse sur notre territoire et pas ailleurs. » « Dans quelques années, la moitié des paysans du village vont partir à la retraite, pour nous, l’opportunité de créer une zone dédiée à l’agriculture biologique s’inscrit dans un projet de territoire », explique l’élu. L’idée est que des acteurs experts tels Terres de lien et Fermes en Vie, puissent acquérir des parcelles et les restituer à un prix modique pour attirer de nouveaux producteurs.

Circuit court

Ces partenaires pourront animer les activités d’une ferme acquise dans un îlot laissé intact au milieu de la carrière. « Elle deviendra un centre de formation, un lieu de mutualisation pour les paysans installés », s’enthousiasme le premier édile. Dans cette commune où l’agriculture est tournée surtout vers le maïs et les peupleraies, « ce projet doit apporter de la diversité, du maraîchage et des vergers ou de l’élevage. » Des produits qui pourront intégrer un réseau en circuit court. « La place du village qui a été rénovée pourrait accueillir un marché de producteurs », imagine Jacques Verdelet.