Lot-et-Garonne : « Nous n’excluons pas de bloquer les routes et les dépôts de carburant »

L’inflation gagne du terrain. Les paysans de la Coordination rurale de Lot-et-Garonne (CR 47), dans ce contexte économique, ont choisi de manifester leur mécontentement en déversant des pneus, des plastiques, de la terre et du bois, devant la préfecture, ce mercredi 16 mars. « C’est une action symbolique. Nous visons l’État », avance Pascal Béteille…

L’inflation gagne du terrain. Les paysans de la Coordination rurale de Lot-et-Garonne (CR 47), dans ce contexte économique, ont choisi de manifester leur mécontentement en déversant des pneus, des plastiques, de la terre et du bois, devant la préfecture, ce mercredi 16 mars. « C’est une action symbolique. Nous visons l’État », avance Pascal Béteille, président de la CR 47.

L’État, et les taxes qu’il pratique sur les énergies. « Tout augmente. Alors nous demandons l’exonération totale de la TIPP (Taxe intérieure de consommation sur les produits pétroliers, NDLR). Le GNR (gazole non routier) est en ce moment à 1,84 euro, alors que d’habitude, nous le payons 90 centimes… », peste José Pérez, fidèle de la CR. Cet arboriculteur du Temple-sur-Lot a bien conscience que tous les secteurs d’activité souffrent : « Les prix gonflent partout. Mais les agriculteurs sont aujourd’hui plus que quiconque dépendants des énergies. Et nous n’aurons aucune compensation sur le prix de nos produits, contrairement à la grande distribution. Il ne faut pas se leurrer : le prix du litre de lait payé à l’éleveur, lui, ne va pas augmenter. C’est la dure réalité du monde agricole. »

Une centaine de manifestants était présente.

Une centaine de manifestants était présente.

Loïc Déquier / SUD OUEST

« Et une nouvelle fois, c’est le consommateur qui va casquer », tempête le chef des paysans de la CR 47 qui souhaiterait profiter du « quoiqu’il en coûte ». “Beaucoup ont pu bénéficier d’aides pendant la crise sanitaire. A notre tour maintenant. L’Embargo, nous, on y est pour rien.” Les propositions du premier ministre Castex présentées ce mercredi dans le cadre du Plan de résilience vont ainsi être étudiées à la loupe.

Inquiétude autour de la tomate

« Le gaz, l’électricité augmentent. Et on ne sait pas pourquoi… Cela devient très compliqué. Certains serristes ont arrêté de chauffer, avec pour conséquence une récolte beaucoup plus tardive. » Le maïs, les prunes vont également avoir besoin de séchage dans les prochaines semaines… « On est très inquiets car l’inflation est loin d’être terminée. »

Certains serristes ont arrêté de chauffer, avec pour conséquence une récolte beaucoup plus tardive

Pascal Béteille s’inquiète aussi pour la tomate. « C’est l’une des productions les plus gourmandes en énergie. La tomate, contrairement à la fraise, supporte très mal les baisses de température. »

Toutes ces doléances ont été expliquées au sous-préfet de l’arrondissement d’Agen, Florent Farge, qui a reçu une délégation de membres de la CR 47 dans les salons de la préfecture, ce mercredi. “Nous avons été écoutés. Nous avons notamment évoqué, dans ce contexte difficile, la suspension des contrôles PAC et phytos que nous subissons de façon régulière”, indique José Pérez. S’il n’y a pas de réaction de l’État dans les prochains jours, les paysans lot-et-garonnais promettent de durcir le ton. « Aujourd’hui, nous n’avons pas voulu embêter les citoyens… Car eux aussi sont touchés de plein fouet par toutes ces hausses. Mais nous n’excluons pas de bloquer les routes et les dépôts de carburant si rien ne bouge. » Ainsi, les agriculteurs locaux rejoindront le mouvement de grogne de départements déjà passés à la vitesse supérieure tels la Charente-Maritime, la Haute-Garonne, le Gers, l’Aveyron…