Lot-et-Garonne : les Restos du Cœur donnent le goût de la cuisine saine

« Nous nous sommes rendu compte, avec les Restos, que, quand il y avait certains fruits et légumes disponibles pour les bénéficiaires, les gens ne les prenaient pas parce qu’ils ne savent pas comment les cuisiner », explique Valérie Deslabres, chargée de mission en éducation à l’environnement à l’association Au fil des Séounes. Dans le cadre du Réseau d’aide à la parentalité, piloté par la Caisse d’allocations familiales, des ateliers cuisine de saison ont donc été initiés. L’objectif est de lutter contre le gaspillage alimentaire, et surtout de proposer à tous de pouvoir mieux manger.

Du frais contre des boîtes

Ce mardi midi, dans le quartier de Barleté, à Agen, dans le local des Restos du cœur Bébés, une dizaine de mamans et un papa s’activent. Yahoud est le seul homme. Valérie a apporté tous les légumes. À lui la tâche d’éplucher les fruits pour la compote. La pomme passe encore, mais la rhubarbe reste un mystère. « Ce n’est pas un peu acide ? », s’interroge Reine. La jeune maman, venue du Cameroun, émince les oignons. Ils iront rejoindre les navets dans une poêle.

Un légume inconnu pour beaucoup. « C’est pour cela que je viens », explique Reine. Pour découvrir ces légumes de saison et prendre goût à la cuisine. « Finalement, ce n’est pas beaucoup plus compliqué que d’ouvrir une boîte ! Et en plus, ici, on peut cuisiner et s’occuper du bébé ! » Sa petite fille, dans son cosy, examine scrupuleusement un hochet plein de couleurs. Reine y jette un œil entre deux légumes à couper. Cuisiner frais et local, c’est surtout bien moins cher…

Le taboulé, avec les verts des asperges et les épices, le rouge des radis, ses raisins secs… Reine et Fatima n’ont pas attendu le début du repas pour goûter. La première est curieuse et séduite. La seconde… un peu moins.

« Finalement, couper et cuire les légumes, cela ne prend pas autant de temps que ce que je pensais. » Pour les associations partenaires, ce témoignage est une première victoire.

« Finalement, couper et cuire les légumes, cela ne prend pas autant de temps que ce que je pensais. » Pour les associations partenaires, ce témoignage est une première victoire.

Anne Gresser

« Cela ne fonctionne pas toujours », relativise Valérie. Dans ses ateliers précédents, notamment dans le Villeneuvois, il y avait un noyau dur de trois à quatre personnes. « Beaucoup tentaient de refaire les recettes à la maison. Et à la fin des ateliers, nous avons joué les prolongations pour que chacun puisse faire découvrir ses recettes. »