Lot-et-Garonne : les palombes aussi se ruent sur le tournesol

De gros vols de palombes peuvent dévaster rapidement un champ de tournesol qui vient juste d’être semé.

De gros vols de palombes peuvent dévaster rapidement un champ de tournesol qui vient juste d’être semé.

Sud Ouest

On sait que depuis plusieurs années les palombes ont tendance…

De gros vols de palombes peuvent dévaster rapidement un champ de tournesol qui vient juste d’être semé.

De gros vols de palombes peuvent dévaster rapidement un champ de tournesol qui vient juste d’être semé.

Sud Ouest

On sait que depuis plusieurs années les palombes ont tendance à se sédentariser en Lot-et-Garonne, sans se contenter de passer au-dessus de la tête des paloumayres. Une tendance qui provoque des dégâts pour certains semis, en particulier le tournesol depuis la mi-avril.

« Les semis n’ont pas lieu tous en même temps et sont échelonnés, du coup les palombes passent d’un champ à l’autre, qu’elles massacrent », indique Florent Ruyet, responsable des grandes cultures à la Chambre d’agriculture. Un phénomène qui touche aussi le maïs, dans une moindre mesure, mais ici les corvidés s’y mettent aussi… « Nous allons envoyer un questionnaire aux agriculteurs afin d’évaluer les dégâts », explique Florent Ruyet.

Grouper les semis ?

À Terres Inovia, institut technique de la filière des huiles et protéines végétales, Arnaud Micheneau, explique que « toutes les parcelles de tournesol font l’objet de l’attaque d’oiseaux, mais sur la grande majorité les dégâts seront minimes. On estime cependant que cette année environ 10 à 15 % devront faire l’objet de nouveaux semis. »

Les semis de tournesol se font au tout début du printemps.

Les semis de tournesol se font au tout début du printemps.

Archives Jonathan Guérin/”Sud Ouest”

Peut-on estimer le coût des préjudices ? « Le plus important est le coût de la semence. On avait estimé il y a déjà quelques années un chiffre de l’ordre d’1 million d’euros à l’échelle nationale. Un chiffre sous-estimé qui ne se base que sur les dégâts déclarés. Si on prend tout en compte, on peut arriver à un coût de 150 euros à l’hectare. »

“Nous essayons d’inciter les producteurs à grouper leurs dates de semis, pour limiter des attaques”

Depuis plusieurs année Terres Inovia recueille sur son site Internet les signalements de ce genre de dégâts liés aux oiseaux, ce qui lui permet de défendre ultérieurement la cause des sinistrés, « et nous essayons d’inciter les producteurs à grouper leurs dates de semis, pour limiter des attaques concentrées », selon Arnaud Micheneau, qui va dans le même sens que son collègue de la Chambre d’agriculture. Il rappelle que « si on a tendance à replanter davantage de tournesol actuellement, avec la hausse du prix de la graine, jusqu’à ces deux dernières années, il y avait un effondrement des surfaces cultivées en tournesol principalement en raison de ce problème causé par les oiseaux. »

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Classées nuisibles

« Les palombes sont classées nuisibles en Lot-et-Garonne depuis cinq ans, et on s‘est fait critiquer, mais je vois que petit à petit nos voisins s’y mettent car les dommages sont importants », rappelle Michel Auroux, président de la Fédération de chasse départementale. Les sociétés de chasse peuvent donc tirer l’oiseau bleu du 1er mars au 31 juillet.

Ce sont des vols entiers de 50 ou 80 oiseaux qui peuvent s’abattre sur un champ et le dévaster

Selon lui, les premiers semis de tournesol ont été relativement épargnés car ils ont levé rapidement, « mais la deuxième période de semis a souffert des palombes, et ce sont des vols entiers de 50 ou 80 oiseaux qui peuvent s’abattre sur un champ et le dévaster en deux ou trois jours. Le tir des palombes est efficace pour les effrayer et les faire partir, mais nous n’en avons tué que 600 depuis le début de la saison, ce qui est dérisoire. »