Lot-et-Garonne : la rose pétillante des coteaux de Montpezat

Comestible

Mais parmi toutes les roses qu’elle a plantées, il y en a une qui se démarque. La rose de Damas. « C’est la première rose qui a été distillée et elle a comme particularité d’être comestible…

Comestible

Mais parmi toutes les roses qu’elle a plantées, il y en a une qui se démarque. La rose de Damas. « C’est la première rose qui a été distillée et elle a comme particularité d’être comestible. » Il n’en fallait pas plus à Corinne pour se lancer. Et planter, depuis cinq ans pas moins de 3 500 pieds de cette rose, si rose et délicate. La jeune entreprise Rosa Rosae est née.

En ce moment, c’est la cueillette. Il faut aller vite le matin avant que les fleurs ne se referment. Une fois cueillies, elles sont placées au froid, à -20°. Tous les matins, en même temps que la rosée, quand s’ouvrent les boutons, paniers autour du cou, Corinne, son associé Jacky Cabailh cueillent ces roses pleines de vie. Elle vient de la communication, lui « a plusieurs fois changé de vie », passant des concessions automobiles, « de l’essence et de l’huile, aux huiles essentielles ». Tous les deux sont entrepreneurs dans l’âme. C’est lors de leur réorientation mutuelle, en 2020 qu’ils se sont rencontrés sur les bancs de l’Essec. Autour de la rose, l’alchimie est réussie.

Entre mai et juin, tous les jours, il faut cueillir les fleurs, au moment où elles offrent leurs plus grandes qualités aromatiques : à l’heure de la rosée.

Entre mai et juin, tous les jours, il faut cueillir les fleurs, au moment où elles offrent leurs plus grandes qualités aromatiques : à l’heure de la rosée.

Thierry Breton/”SUD OUES”

Objets de toutes les attentions, elles sont, au cœur de recherches, en partenariat avec Agrotec, sur le site de l’Agropole. « Nous avons fait les premières analyses de chromatographie pendant le confinement », se souvient la cheffe d’entreprise. Ce qui était une intuition devient une révélation. « Cette rose est riche de 300 molécules biochimiques, organoleptiques, des nuances qui vont du citron au poivre. C’est aussi pour cela qu’elle est si utilisée en parfumerie… »

Des spécialistes s’occupe de cette rose

Une recherche qui n’est pas terminée. Car Agrotec s’intéresse de près à cette fleur. Et à son terroir. « C’est un programme soutenu par la Région », souligne Sylène Brianceau, responsable de recherche à Agrotec. Un programme qui explore les nouvelles filières de Nouvelle-Aquitaine, à la lumière du changement climatique.

Cette rose est l’objet de toutes les attentions, et pas seulement scientifiques. C’est Fabien Ducher, spécialiste de la rose de Damas qui est au chevet de cette roseraie d’exception. « Il est la sixième génération de rosiériste et intervient deux fois par an, pour la taille, en août et en novembre », explique Corinne Péronne.

Les roses de Rosa Rosae sont transformées en cosmétiques de la nouvelle entreprise philtres.

Les roses de Rosa Rosae sont transformées en cosmétiques de la nouvelle entreprise philtres.

Thierry Breton/SUD OUEST

Mais que devient alors cet épineux bijou une fois cueilli ? « Nous travaillons sur des produits de beauté « in and out ». Sur la peau et dans le corps. » Là encore, ce sont de grands noms qui travaillent les huiles essentielles et hydrolats distillés à une quarantaine de kilomètres. Il s’agit d’Éléonore de Staël et Jean-Charles Sommerard, nez et créateurs de parfums naturels, qui ont créé deux fragrances signature pour les soins du visage. Pour des crèmes, sérums, « avec une majorité de composants fabriqués en France », Corinne Péronne y tient, « voire de Nouvelle-Aquitaine dès que c’est possible ». Un credo qui a attiré à Rosa Rosae un soutien de la Région.

Et qui donne naissance à une autre entreprise, elle aussi soutenue par la Région, celle qui s’apprête à commercialiser ces produits de beauté d’exception : Phyltres. « Nous voulons moderniser la rose, elle est pétillante, électrique ! » Si, aujourd’hui, ces produits de beauté ne sont pas encore commercialisés, les entrepreneurs ne manquent pas d’idées. Il y aura bien sûr le futur site Internet. « Mais il faut aussi que les gens voient, touchent les produits ». D’où l’idée de boutiques éphémères ou d’associations ponctuelles… Mais toujours avec ce côté chic et précieux. Histoire de donner aux produits issus de cette rose de Damas et l’écrin qu’ils méritent.