Lot-et-Garonne : la plus grande plateforme de transport de la Satar s’érige à Samazan

Au bord de l’A62, dans la zone d’activité Marmande-Sud, a commencé en novembre la construction d’une cathédrale de métal de 7 500 mètres carrés et 70 quais qui viendront remplacer, en juin, l’ancienne structure, 2 000 mètres carrés plus petite. « En raison de la croissance de nos clients, ce projet devenait obligatoire », explique Julien Garnier, président du groupe Primever, piloté par la Satar.

Course contre la montre

14 millions d’euros sont investis dans cette plateforme dernier cri qui optimise la gestion des flux en massifiant les volumes au départ et en expédiant directement sans stocker : il s’agit du cross-docking. « En haute saison, chaque jour, environ 80 à 90 camions arrivent avec la marchandise ramassée chez les producteurs et 110 à 120 poids lourds repartent. Les produits ne restent en moyenne qu’une heure sur le site », explique Eric Delord, directeur du secteur Sud-Ouest (Bordeaux, Toulouse, Pays basque, Limousin).

« Il s’écoule environ 12 heures entre la prise d’ordre et la livraison finale. Une commande passée à 15 heures peut être à 5 heures du matin à Rungis. » Sur la surface, les obstacles ont été réduits au minimum pour fluidifier la circulation des engins. La Satar espère gagner une heure sur les plans de transport. « Cet outil de travail s’inscrit aussi dans une démarche RSE, elle sera auto-alimentée par des panneaux photovoltaïques et améliorera les conditions de travail de nos 250 employés », ajoute Julien Garnier.

  • L’ancienne structure devenait trop étroite alors que 70 % des camions partent entre 17 h et minuit

    L’ancienne structure devenait trop étroite alors que 70 % des camions partent entre 17 h et minuit

    Camille Groc

  • La plateforme se situe sur un terrain 9000 mètres carrés dans la zone Marmande Sud

    La plateforme se situe sur un terrain 9000 mètres carrés dans la zone Marmande Sud

    Camille Groc

Traçabilité high-tech

Dans cette filière très compétitive, chaque minute compte, mais la traçabilité est aussi une priorité. « D’ici la fin de l’année, nous mettrons en place un système d’étiquetage de chaque palette qui nous permettra de les géolocaliser en temps réel. Cela se fait dans l’industrie, mais c’est encore rare dans les fruits et légumes. »

Pourtant, pour le président, cette « maîtrise du produit du champ à l’assiette » est une véritable exigence des clients, grossistes et grandes surfaces et surtout des consommateurs. Leurs achats sont rigoureusement scrutés, à plus forte raison dans cette période d’inflation. Celle du carburant a un lourd impact sur l’activité de transport la Satar. « Nous sommes inquiets, ce projet est une prise de risque dans une année charnière dans l’économie globale. »

Le président, Julien Garnier, et le directeur général Sud-Ouest, Eric Delord.

Le président, Julien Garnier, et le directeur général Sud-Ouest, Eric Delord.

Camille Groc