Lot-et-Garonne : il élève des scarabées pour l’alimentation animale et humaine

Il ne fait guère de doute que d’avoir été lauréat du concours national Agropole en 2012 a fortement influé sur les projets industriels d’Ynsect. Et nul doute encore que de cette distinction, il sera question ce mardi 12 avril lors de la conférence proposée par la Revue de l’Industriel agroalimentaire autour de cette interrogation : comment ils concilient business…

Il ne fait guère de doute que d’avoir été lauréat du concours national Agropole en 2012 a fortement influé sur les projets industriels d’Ynsect. Et nul doute encore que de cette distinction, il sera question ce mardi 12 avril lors de la conférence proposée par la Revue de l’Industriel agroalimentaire autour de cette interrogation : comment ils concilient business et transition ?

Pour y répondre, l’Agropole a ouvert la scène de son amphithéâtre à Muriel Decout (Ethiquable), Anthony Darré (Bioburger) et donc à Jean-Gabriel Levon (Ynsect). Ce dernier s’est lancé en 2011 avec trois amis et une idée : extraire des insectes leurs riches protéines pour l’alimentation humaine. En 2022, Ynsect dispose de trois élevages à Dôle (Jura), aux Pays-Bas et dans le Nebraska. « Et nous sommes en train d’en monter un quatrième à Amiens, qui va produire 50 fois plus que celui de Dôle, » balise le fondateur.

Nourri au son

Le site de Dôle dans le Jura.

Le site de Dôle dans le Jura.

Ynsect

Pourquoi la Picardie ? Parce que le scarabée aime la meunerie. « On les nourrit avec du son de céréales. C’est pour cela que nous nous installons près des grands écraseurs de grains. Et c’est aussi ce qui va guider notre développement mondial. On se projette sur plusieurs dizaines de sites », explique le diplômé d’HEC et Polytechnique. Plus de 50 % des brevets d’élevage d’insectes dans le monde appartiennent à Ynsect, référence mondiale en qualité et volume sur le scarabée.

Ynsect entretient deux espèces : le Tenebrion Molitor et le Buffalo. « C’est sur la même logique de cycle que le poulet. Ils sont élevés dans des grands bacs, à même leur nourriture qui leur sert de substrat. Leurs déjections sont récupérées pour faire de l’engrais », détaille Jean-Gabriel Levon. Les insectes sont transformés après huit à douze semaines d’élevage en poudre, farine, liquide ou pâte. Un peu plus de 100 000 tonnes en sortiront bientôt des deux sites français. Pour quelles applications ?

Burger

La protéine de scarabée est utilisée dans l’aquaculture (son apport réduit de 30 % la mortalité piscicole) et l’alimentation des animaux domestiques. Elle intervient aussi depuis peu dans celle du porc et des volailles puisque la Commission européenne n’interdit plus d’utiliser des protéines animales transformées dans ce cas-là.

Enfin, depuis janvier 2021, le scarabée Molitor peut nourrir les hommes. Avec sa marque AdalbaPro, la société commercialise des barres pour les sportifs, de la poudre pour enrichir aliments et boissons ou encore des steaks d’insectes dont les Autrichiens sont friands.

Ils sont élevés dans des grands bacs, à même leur nourriture qui leur sert de substrat. Leurs déjections sont récupérées pour faire de l’engrais

« La protéine d’insecte séché est aussi nutritive que la protéine de lait. Elle est aussi efficace pour faire baisser le cholestérol. Nos ingrédients sont déjà présents en pâtisserie, nutrition sportive, dans des pâtes, viande et alternatives à la viande. AdalbaPro, première gamme au monde dont les ingrédients proviennent d’insectes, contient tous les acides aminés ainsi que des vitamines et des minéraux essentiels. Elle est aujourd’hui disponible sous forme de textures et poudres », poursuit Jean-Gabriel Levon.