Lot-et-Garonne : Babcock Wanson à toute vapeur

Les plus puissantes chaudières industrielles peuvent supporter des pressions jusqu’à 26 bars.

Les plus puissantes chaudières industrielles peuvent supporter des pressions jusqu’à 26 bars.

Loïc Déquier/SUD OUEST

Si le siège administratif ainsi que les fonctions commerciales du groupe sont basés dans le Val-de-Marne, à Chevilly-Larue. La R & D ou encore les fonctions RH sont, elles, développées à Nérac, ce qui fait de l’unité de l’Albret un site stratégique dans une galaxie qui s’est étoffée depuis l’été dernier. Période à laquelle la structure capitalistique de Babcock Wanson a changé lors d’une nouvelle levée de fonds, qui a vu l’actionnaire minoritaire, le fonds d’investissement Kartesia, prendre les commandes en lieu et place de FCDE, l’actionnaire majoritaire. Le fonds régional d’Occitanie IRDI Capital Investissement complète désormais l’actionnariat de ce fleuron plus que séculaire. « Quand nous sommes sortis du groupe CNIM (en 2016 NDLR), l’appui de la FCDE nous a permis de développer des synergies au sein du groupe qui en avaient peu ou pas, détaille le PDG du groupe, Cyril Fournier-Montgieux. Avec Kartesia, un actionnaire qui nous connaît et que l’on connaît bien, nous disposons d’une capacité financière plus importante qui colle à nos ambitions. »

C’est dans les ateliers de Nérac que Babcock Wanson réalise la moitié de son chiffre d’affaires, évalué l’an passé à 140 millions d’euros.

C’est dans les ateliers de Nérac que Babcock Wanson réalise la moitié de son chiffre d’affaires, évalué l’an passé à 140 millions d’euros.

Loïc Déquier/SUD OUEST

Nouveau capital

L’effet ne s’est d’ailleurs pas fait attendre. Quelques mois après avoir racheté le Français Thermigas, Babcock Wanson faisait l’acquisition, coup sur coup, de l’Anglais SPE au mois d’août et du Néerlandais Standard Fasel en octobre. Disposant déjà de sept filiales ailleurs qu’en France (Italie, Espagne, Portugal, Royaume-Uni, Pologne, États-Unis), d’implantations en Belgique (Maes BVBA) et aux Pays-Bas (Reputabel Warmtetechniek), le groupe s’emploie à compléter son catalogue de produits, de savoir-faire et de services afin de proposer une offre globale.

On s’efforce à devenir un acteur de référence de la transition écologique

Face aux mastodontes allemands Bosch et Viessmann, avec lesquels il se dispute un marché « complexe », le Français a des atouts. « Quand les autres ne proposent que des corps de chaudières, nous sommes les seuls acteurs du marché à fabriquer des brûleurs mais également à proposer les services qui vont avec », détaille François Blin, le directeur industriel du groupe et responsable du site de Nérac.

La société s’emploie à maîtriser son savoir-faire face à une rude concurrence, notamment dans la fabrication de brûleurs.

La société s’emploie à maîtriser son savoir-faire face à une rude concurrence, notamment dans la fabrication de brûleurs.

Loïc Déquier/SUD OUEST

L’appétit vient en mangeant, paraît-il. Et les acquisitions ne devraient pas s’arrêter là. « À ce jour, on vise l’Allemagne pour attaquer ce marché », confirme Cyril Fournier-Montgieux. Cependant, la stratégie de Babcock Wanson ne s’appuie pas seulement sur l’acquisition de têtes de pont. Les compétences complémentaires sont également recherchées. « On s’efforce à devenir un acteur de référence de la transition écologique, note le PDG du groupe. On s’emploie donc à trouver des solutions pour améliorer les performances des chaudières sur le plan énergétique et à réduire l’empreinte carbone. Nous développons actuellement les chaudières électriques, par exemple. On travaille également sur un mix gaz/hydrogène. Il y a des sujets que nous développons nous-mêmes et parfois nous allons chercher des savoir-faire ailleurs. »

Les potentialités offertes par ces nouvelles acquisitions devraient profiter sur le moyen terme à l’usine de Nérac, qui emploie 150 personnes sur les 750 employés que compte le groupe. L’usine va d’ici là être modernisée dans le cadre du plan de relance avec un investissement de 1,2 million d’euros.

L’usine emploie 150 personnes, notamment dans la branche chaudronnerie.

L’usine emploie 150 personnes, notamment dans la branche chaudronnerie.

Loïc Déquier/SUD OUEST