Lot-et-Garonne : à Agen, la propreté a sa brigade

« Là, sous le Pont de la Liberté, habituellement, il y a des monceaux de sacs qui s’entassent », explique Thierry Boé, membre de la brigade de propreté. Ce jour-là, sous une chaleur écrasante, un seul sac. Que l’agent dépose dans sa remorque. Et qu’il ouvre immédiatement. Son objectif : trouver une trace, une adresse, un nom, un indice afin que cette incivilité ne reste pas impunie.

Tous les jours à bord de leur Goupil© barré d’un « Brigade de propreté » en noir sur fond jaune, les agents circulent dans le centre-ville…

« Là, sous le Pont de la Liberté, habituellement, il y a des monceaux de sacs qui s’entassent », explique Thierry Boé, membre de la brigade de propreté. Ce jour-là, sous une chaleur écrasante, un seul sac. Que l’agent dépose dans sa remorque. Et qu’il ouvre immédiatement. Son objectif : trouver une trace, une adresse, un nom, un indice afin que cette incivilité ne reste pas impunie.

Tous les jours à bord de leur Goupil© barré d’un « Brigade de propreté » en noir sur fond jaune, les agents circulent dans le centre-ville d’Agen. C’est en 2017 que cette entité a été créée. Avec des agents assermentés. Qui peuvent donc délivrer des amendes, jusqu’à 150 euros, pour le dépôt d’encombrants sur la voie publique. « Ce qui est fait quand le contrevenant est pris sur le fait » : dépôt de sac-poubelle en dehors des horaires prévus, mais aussi déjection canine non ramassée… Ils interviennent également via l’application Tell My City.

À la recherche d’indices

« Les gens nous voient tous les jours. Ceux qui sont installés en centre-ville depuis longtemps nous connaissent. Et nous voyons le nombre d’incivilités diminuer », assure Marie-Pierre Schmittling, responsable de ce service. Mais pas assez.

Sur le terrain, Thierry Boé a trouvé un nom, une adresse. Direction l’immeuble. Le nom est bien sur une boîte aux lettres. Mais pas le numéro de l’appartement. Alors, l’agent sort son passe. Et frappe à toutes les portes. À cette heure de la journée, personne ne répond. Il dépose un papier dans la boîte aux lettres avec un numéro de téléphone. « La personne a 10 jours pour nous contacter et donner une explication. Passé ce délai, nous transférons son adresse aux services fiscaux qui enverront un titre de paiement pour compenser l’enlèvement des déchets. »

Du bon fonctionnement de la collecte des déchets.

Du bon fonctionnement de la collecte des déchets.

Capture d’écran SO

« Mais, régulièrement, nous arrivons à entrer en contact direct avec les habitants », note-t-il. Bien sûr, il y a ceux qui ne respecteront jamais les horaires de dépôt des ordures ménagères. Ceux-là, avec le temps, sont connus… « Mais, il y a également ceux qui ne savent pas, comme les nouveaux habitants ou ceux qui ont des horaires de travail incompatibles avec les nôtres. » Dans le premier cas, une explication suffit, « et nous arrêtons la procédure ». Dans les autres, « nous essayons de chercher une solution ».

Dans tous les cas, le bout de papier avec l’adresse est conservé et agrafé au dossier. « On ne sait jamais, si la personne conteste ! » Thierry Boé apprécie sa fonction, même si déchirer les sacs-poubelles est loin d’être ragoûtant. « On a l’impression de servir à quelque chose. » Même s’il faut déployer beaucoup d’effort pour chaque incivilité.

Des points noirs

Retour à bord du mini-camion électrique. Direction les bornes d’apport volontaire dans le quartier 14. Certaines sont déjà enterrées, mais encore enveloppées dans un film protecteur. L’équipe de la brigade attend avec impatience leur entrée en fonctionnement et leur généralisation. C’est un projet de mandat qui prévoit l’installation de 110 bornes d’apport volontaire dans « le ballon de rugby » que forme le centre-ville : de la gare à la préfecture et du Gravier à la place du Pin.

« Cela va résoudre pas mal de problèmes puisque chaque habitant du centre-ville [15 000 habitants sont concernés, NDLR] pourra déposer ses déchets quand il le souhaite », souligne Marie-Pierre Schmittling. Sans oublier qu’un centre-ville sans sacs noirs à tous les coins de rue, même sur des horaires contraints, c’est toute une image qui change.

Cela dit, ces points d’apport volontaire sont souvent des points noirs : souvent, leurs abords sont jonchés de sacs. « Parce que les gens ne prennent pas la peine de soulever la trappe », détaille Thierry Boé. Mais dans les conteneurs définitifs, cette trappe est à portée de main… Reste à connaître les emplacements de ces futurs points d’apport volontaire. Dans le centre-ville aux rues parfois étroites, les débats ne manqueront pas.