Lot-et-Garonne : 400 emplois créés, 200 millions investis, les chiffres vertigineux d’un projet de parc à thème en Villeneuvois

C’est donc dans ce bourg en bordure de RN 21, entre Villeneuve-sur-Lot et Agen, que ce parc…

C’est donc dans ce bourg en bordure de RN 21, entre Villeneuve-sur-Lot et Agen, que ce parc à thème éducatif et immersif veut s’installer. Dans la commune, comme au sein de l’Agglo, la plus grande discrétion a entouré les évolutions du dossier. La création annoncée de 400 emplois directs à l’année et un investissement de 200 millions d’euros dont 85 pour la construction confiée à 80 % aux entreprises du territoire, expliquent sans doute ce niveau de prudence et de précaution. Et aussi l’enthousiasme.

Constructions enterrées

Il faut dire que ces chiffres ont de quoi faire saliver les élus et promettent le bassin à un développement touristique et économique. « 75 % des emplois seront pourvus par des personnes issues du territoire. Notre parc deviendra l’ambassadeur d’un nouveau tourisme plus éthique, tant par la performance de son empreinte écologique, que par son objet de sensibilisation environnemental du grand public, » indique Thierry Beugnet.

Le fil conducteur de tous ces voyages dans le temps et l’espace est le lien indissociable qui existe depuis toujours entre l’Homme et la nature.

Mais de la coupe aux lèvres, il reste encore loin. Déjà les cinq ans à attendre avant une ouverture programmée au plus tard en 2027. Il faudra aussi finaliser, à l’automne, les acquisitions foncières. Une parcelle de 100 hectares débordant sur Foulayronnes, boisée pour partie, a été retenue. Les Horlogers du Temps n’en consommeraient qu’une vingtaine pour l’installation de salles immersives et enterrées, les Mundies. 70 % des nouvelles constructions seront sous terre. Au final, le projet qui pourrait en accueillir une dizaine, prévoit la création d’une salle de spectacle de 2 000 places et d’un centre de formation numérique. Pour ce qui est des infrastructures hôtelières, Mundiparks entend travailler avec les collectivités territoriales.

Concertation

« L’originalité de ce concept est de se présenter sous la forme d’un voyage physique porté par les nouvelles technologies (réalité augmentée, interactivité…) permettant une approche ludique et éducative. Le fil rouge est l’environnement. L’outil principal est le numérique. Ce n’est pas un parc d’attractions. Il n’y aura pas de manège. Nous ne voulons rien détruire, rien dégrader, rien imposer, mais au contraire concerter », précise encore Thierry Beugnet.

Malgré tout, cette proposition touristique soulève des questionnements et des réticences. Au sein du Conseil municipal, le maire Gilles Charollais, par ailleurs chargé de l’aménagement du territoire à l’Agglo, est convaincu. À l’inverse, l’élu d’opposition Renaud Lack juge les standards annoncés incompatibles avec la physionomie du bourg de la Croix-Blanche. Et ce conseiller, avec d’autres, de redouter les nuisances provoquées par le passage des véhicules sur la route qui doit se brancher au giratoire à venir sur la RN 21. Celle qui desservira la parcelle du lieu-dit Poulère.

Lepers séduit

« On nous impose, de façon précipitée, un changement radical de mode de vie », regrette le Cruciblanchais, inquiet de la dégradation du cadre communal. « Le fil conducteur de tous ces voyages dans le temps et l’espace est le lien indissociable qui existe depuis toujours entre l’Homme et la nature », rappelle Mundiparks. De quoi rassurer les sceptiques ?

C’est une très bonne nouvelle pour l’emploi sur notre territoire. Cela démontre son attractivité et contribuera un peu plus à son rayonnement

Si le sujet ne figure pas parmi les 47 points à l’ordre du jour du conseil communautaire du Grand Villeneuvois de ce jeudi 16 juin, son président Guillaume Lepers l’évoquera dans son introduction. « C’est une très bonne nouvelle pour l’emploi sur notre territoire. Cela démontre son attractivité et contribuera un peu plus à son rayonnement », savoure le maire de Villeneuve-sur-Lot.

Après plusieurs rencontres avec les porteurs du projet, à qui le service développement de la CAGV a déroulé le tapis rouge, Guillaume Lepers se montre séduit par Les Horlogers du Temps et ses phases de développement : « Cela incarne le parc du futur. Avec un gros volet numérique, il sera facilement évolutif. Et il vient en complémentarité de l’offre existante. »