Libourne : la Ville veut favoriser la cohabitation entre seniors et étudiants

« Deux projets de résidences étudiantes sont en cours. En attendant leur ouverture, la quête de dispositifs innovants se poursuit. » L’élu a ainsi découvert l’association Vivre avec, déjà présente à Bordeaux et qui va désormais déployer ce dispositif de cohabitation intergénérationnelle solidaire à Libourne.

Rompre l’isolement

Entre les 650 étudiants de l’Institut de formations en soins infirmiers (plus l’institut d’aides-soignants), ceux en BTS au lycée Max-Linder et en prévision des futurs jeunes qui, grâce au RER métropolitain, feront le choix de s’installer à Libourne pour suivre leurs études à Bordeaux, il est grand temps pour la Ville de s’attaquer à ce qui ressemble déjà à une pénurie. Au-delà d’élargir « la quantité » de logements, « cette offre particulière a l’avantage d’éviter l’isolement aussi bien du jeune que du senior », souligne Bénédicte Guichon, conseillère municipale déléguée aux liens intergénérationnels.

Bénédicte Guichon, conseillère municipale déléguée aux liens intergénérationnels et aux seniors et Thierry Marty, vice-président de la Cali délégué à la jeunesse, l’insertion, et l’attractivité du monde étudiant, portent ce projet de cohabitation intergénérationnelle.

Bénédicte Guichon, conseillère municipale déléguée aux liens intergénérationnels et aux seniors et Thierry Marty, vice-président de la Cali délégué à la jeunesse, l’insertion, et l’attractivité du monde étudiant, portent ce projet de cohabitation intergénérationnelle.

Linda Douifi

L’expérience de plus de trente ans de Vivre avec apporte autant de compétences que de garanties. « C’est l’association qui recueille les exigences de la personne âgées et c’est elle ensuite qui recherche le jeune en phase avec celles-ci. Cela évite au senior d’avoir un défilé de postulants chez lui », rassure Thierry Marty. Les règles sont claires : en aucun cas l’étudiant ne tiendra le rôle d’aide à domicile, d’aide-ménagère ou de soignant. « Il n’est pas question que le jeune amène la personne âgée aux toilettes la nuit », illustre Bénédicte Guichon. En revanche, l’hôte peut convenir à l’avance que l’étudiant sorte les poubelles ou qu’il mange deux fois par semaine ensemble, par exemple. Une charte – et non un bail – permettra de définir ces règles de vivre-ensemble.

De 150 à 250 euros par mois

Dans un premier temps, une lettre vient d’être envoyée à 2 000 Libournais âgés de 60 ans et plus habitant près d’un site de formation. Un petit mot a aussi été glissé lors du repas des aînés tenu mercredi 11 mai aux casernes. Cela rappellera peut-être des souvenirs à certains car à l’époque où l’Esog accueillait de jeunes militaires, beaucoup logeaient chez l’habitant. En mai, juin et juillet, l’association Vivre avec va rencontrer des seniors. Ceux-ci peuvent être propriétaires ou locataires et peuvent espérer recevoir une participation aux frais – et non un loyer – allant de 150 à 250 euros. De quoi apporter de l’oxygène financier aussi bien au senior qu’à l’étudiant. Un dispositif gagnant-gagnant pour la personne âgée, pour le jeune… et pour la Ville.