« L’Hermione » passera ses hivers à La Rochelle pour se détacher des subventions

Les élus ont découvert ce 13 avril à Bayonne, les dégâts causés par les champignons sur la coque de « L’Hermione ».

Les élus ont découvert ce 13 avril à Bayonne, les dégâts causés par les champignons sur la coque de « L’Hermione ».

Bertrand Lapègue/ « Sud Ouest »

Pourtant, depuis six mois, les discussions ont été âpres en coulisses entre tous ces partenaires. Sans les évoquer, Hervé Blanché, en réunion publique du 5 avril à Rochefort sur le carénage bayonnais, avait mis sur la piste : « Les collectivités ne peuvent pas tout faire. » Tel était le sujet.

13 millions d’aides publiques

Depuis sa naissance en 1997, « L’Hermione » représente un investissement de 26 millions d’euros qui aura capté 13 millions d’euros de subventions de la Région, du Département, de la Ville de Rochefort et de son Agglomération. Au début, face à cette aventure, tout le monde a dit banco, conscient des retombées touristiques. Mais aujourd’hui, ça commence à faire. Les 2 millions d’euros demandés aux mêmes collectivités et à l’État – pour réparer les dégâts du champignon à hauteur de 3,5 millions – ont fait déborder le vase.

Bien sûr, les collectivités restent partenaires. Mais aujourd’hui, « L’Hermione » doit grandir pour s’assumer. Il est bien vrai qu’au départ de la reconstruction, l’association rêvait surtout de naviguer, sans penser à l’après. Mais au retour du voyage américain en 2015, il a fallu atterrir, garder l’engouement populaire qu’avaient connu le chantier et la navigation transatlantique.

Pendant dix-huit ans, « L’Hermione » n’a eu qu’une idée en tête : son voyage aux États-Unis, sans penser à l’après.

Pendant dix-huit ans, « L’Hermione » n’a eu qu’une idée en tête : son voyage aux États-Unis, sans penser à l’après.

archives Xavier Léoty

« L’Hermione » restera à Rochefort pour la saison touristique, mais elle passera l’hiver dans le bassin des chalutiers à La Rochelle. C’est un modèle gagnant-gagnant »

C’est pour le plan B qu’Olivier Pagezy a pris les rennes. « Notre nouveau modèle économique consiste à développer nos ressources propres », selon ses mots en 2017. L’association misait à fond sur la formation, les sponsors, les mécènes, bref un vrai business plan. Cinq ans plus tard, « L’Hermione » en est pourtant toujours à réclamer des aides.

L’hiver à La Rochelle

Voilà pourquoi les élus ont un peu tapé du poing sur la table ces six derniers mois. En voulant aussi mettre leur nez dans une association qui aime un peu trop l’entre-soi. « On se sent exclus », confient certains élus.

Après plusieurs rounds, élus et association s’accordent sur une nouvelle stratégie : la frégate doit naviguer davantage. Pour gagner des sous avec l’écot versé par les villes hôtesses et avec la billetterie des visites. Outre les voyages, lointains ou proches, « « L’Hermione » doit passer plus de temps ailleurs », annonce Olivier Pagezy.

Hervé Blanché précise : « « L’Hermione » restera à Rochefort pour la saison touristique, mais elle passera ses hivers dans le bassin des chalutiers à La Rochelle. Le flux touristique y est plus important alors que l’hiver à Rochefort ne lui rapporte rien. Jean-François Fountaine (1) est d’accord. Après tout, « L’Hermione » est charentaise-maritime ! Ce modèle gagnant-gagnant aidera l’association à faire de la trésorerie. » Voilà ce que voulaient dire les sourires à Bayonne ce mercredi matin. On était tombé d’accord.