Leur nouvelle vie en Dordogne : ils ont repris un village de gîtes, en « chefs d’entreprise »

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Leur nouvelle vie en Périgord : notre dossier

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Ils ont choisi de s’installer en Dordogne depuis peu. « Sud Ouest » est allé à la rencontre de ces néo-Périgourdins pour comprendre leur choix, leurs attentes et leurs difficultés

La crise sanitaire, qui a poussé des milliers de citadins à quitter la ville pour la campagne, n’y est pas pour grand-chose : le couple de quadragénaires avait déjà le projet de se lancer dans l’achat d’un camping ou d’un complexe d’hébergements familiaux au moment où la pandémie de Covid-19 s’est abattue sur la France. « On a eu le déclic lors d’un séjour dans un village de gîtes en Lot-et-Garonne, il y a trois ou quatre ans, confie Aude Morvillez. En échangeant avec les gérants, mon époux et moi-même nous nous sommes vus à leur place. »

Trouver un plan B

Restait à trouver la destination idéale pour donner corps à ce projet de reconversion. Dordogne ? Lot ? Lot-et-Garonne ? « On a regardé un peu partout, poursuit Aude Morvillez. Reste que le Périgord, ça parle vraiment à tout le monde. »

L’histoire a voulu que les Morvillez s’intéressent d’abord à un complexe d’hébergements en vente du côté de Saint-Cyprien. Mais c’était compter sans la volte-face du propriétaire qui a renoncé à céder son bien au moment même où le couple était en train de vendre le sien. « Tout était prêt : nous avions prévenu notre employeur de notre départ, dit au revoir à nos amis et inscrit les enfants à l’école de Saint-Cyprien », se rappellent Aude et Hubert, alors forcés de trouver au plus vite un plan B.

Mais la solidité de leur dossier a fait à elle seule la différence.

« Comme on ne trouvait rien à louer en haute saison sur place, on s’est expatrié à Salviac, dans le Lot, indiquent les deux époux. De là, on a pu s’imprégner du territoire et multiplier les visites dans le coin jusqu’à trouver le bien qui nous corresponde vraiment. » Leurs pérégrinations les ont conduits jusqu’au village de gîtes de Combe chaude, une adresse au charme légèrement suranné où le futur reste à écrire. « On a signé le compromis en janvier 2022 et l’acte de vente le 31 mars », racontent Aude et Hervé Morvillez, qui ont pu compter sur le soutien des banques pour mener à bien leur projet.

Le village comprend 14 maisonnettes bâties à flanc de colline.

Le village comprend 14 maisonnettes bâties à flanc de colline.

Stéphane Klein/« Sud Ouest »

Formés

Le timing n’était pas forcément le meilleur pour espérer décrocher un crédit bancaire, ne serait-ce qu’en raison du nombre de candidats à l’emprunt déjà positionnés auprès de leurs banques à cette période-là. Mais la solidité de leur dossier a fait à elle seule la différence.

Outre des garanties financières, les Morvillez apportaient des gages de sérieux avec un business plan de développement à l’horizon des prochaines années et un bagage de formations taillées sur mesure pour leur nouvelle activité. « Dans le cadre de notre reconversion, nous avons suivi des formations sur l’hygiène alimentaire, la comptabilité en hôtellerie de plein air, la tenue d’un camping ou encore sur les soins de premiers secours, détaille Hubert Morvillez, qui se félicite de les avoir suivies. Imaginez la difficulté pour un Nordiste comme moi qui n’a jamais vu de piscine avant, de gérer des bassins destinés au grand public. Heureusement que j’ai pu me former à temps. »

Les repreneurs de Combe chaude ont modernisé la communication du village de gîtes pour en améliorer sa visibilité sur Internet.

Les repreneurs de Combe chaude ont modernisé la communication du village de gîtes pour en améliorer sa visibilité sur Internet.

Stéphane Klein/« Sud Ouest »

Nouvelle clientèle

Après la confiance des banques, reste à conquérir celle de la clientèle. « Pour cette première saison, nous pourrons compter les habitués qui reviennent d’une année sur l’autre au camping, mais aussi sur de nouveaux clients que nous avons pu attirer en modernisant nos outils de communication et en améliorant notre visibilité sur Internet », explique Aude Morvillez, dont les compétences en marketing digital se sont révélées précieuses pour mener à bien ce chantier.

Le premier d’une longue série. Rafraîchissement des gîtes existants, installation de nouveaux chalets en bois, réfection de la salle du bar, aménagement d’un camping chic (glamping)… Les nouveaux propriétaires des lieux ont échafaudé un calendrier d’investissements à court, moyen et long terme. « On est devenus de vrais chefs d’entreprise, autrement dit des patrons qui vont devoir faire des choix stratégiques pour avancer et faire en sorte de se démarquer de la concurrence », avance Hubert Morvillez, déterminé à faire appel aux compétences dont il aura besoin pour mener à bien le développement du village.

« On a choisi d’externaliser le traitement du linge, de faire appel à des artisans quand c’est nécessaire ou encore d’adhérer au système de ramassage des ordures ménagères pour nous concentrer sur la plus-value de notre métier : le contact, la fidélisation de la clientèle. » C’est à ce prix-là qu’on rend un client heureux.