Les professionnels du cuir veulent changer leur image et s’engagent dans le développement durable

« Il s’agit de créer une dynamique collective de l’ensemble des acteurs de la filière », souligne Laurent Duray. Pour cela, des démonstrations de solutions innovantes leur seront proposées tout au long de la journée apportées notamment par le CTC, le groupe chargé du contrôle qualité qui dispose d’un important pôle de recherches. « Nous avons développé le projet Alis (Automatic Leather Identification System) pour répondre à la question de la traçabilité de la matière première, expose Cédric Vigier, le responsable innovation. C’est un outil qui permet de remonter toute la chaîne des peaux, de l’abattoir jusqu’à l’élevage. Au départ, il s’agissait surtout d’améliorer la qualité à la source, mais aujourd’hui cela permet de s’assurer du bien-être animal. »

Concrètement, Alis permet de marquer les peaux à l’abattoir avec un système qui peut être lu tout au long du processus de transformation. Il est très utilisé en France, notamment par les abatteurs qui fournissent les grands du luxe, comme Hermès ou Vuitton.

J.-C. Sounalet/« Sud Ouest »

Relocaliser l’approvisionnement en peau

Le CTC travaille aussi sur la valorisation des chutes de cuir, mais n’a pas encore trouvé de réponse pleinement satisfaisante. Les entreprises ne produisent en général pas de volumes suffisamment importants. Il faut donc d’abord organiser une collecte. Les chutes peuvent ensuite être brûlées pour l’alimentation en chauffage. « Mais comme elles contiennent du chrome, on ne peut les brûler n’importe comment, souligne Cédric Vigier. On peut aussi les introduire dans le caoutchouc des semelles après broyage, mais en petite quantité seulement. Ou les intégrer dans des panneaux d’isolation. »

Les chutes de cuir sont difficilement valorisables.

Les chutes de cuir sont difficilement valorisables.

Philippe Ménard/« SUD OUEST »

L’autre enjeu pour les professionnels du cuir est la relocalisation de la matière première, les peaux. Elles proviennent souvent d’élevages étrangers car les entreprises peinent à trouver du cuir de qualité à prix compétitif, en approvisionnement local. Le projet Filière excellence cuir vise à sensibiliser les élevages de Nouvelle-Aquitaine à la valorisation des peaux. « Plus de 350 éleveurs se sont déjà engagés dans une démarche visant à limiter les dégâts sur la peau des bêtes », précise Laurent Duray.