Les prix de l’immobilier ancien, « refuge » face aux incertitudes, continuent de grimper

Les nuages qui s’accumulent sur l’économie mondiale, avec la guerre en Ukraine et la remontée des taux d’intérêt, ne sont pas encore visibles dans les chiffres des notaires, basés sur les ventes définitives du premier trimestre, lesquelles ont été décidées quelques mois auparavant. Mais ils n’ont pas relevé de signes laissant penser à une chute dans les mois qui viennent. De fait, le volume de ventes dans l’ancien, qui a explosé après la mi-2020, se stabilise à un niveau très élevé, avec 1 175 000 ventes en un an.

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Les familles déménagent

« On le comprend, les ménages ont considéré plus que jamais la pierre comme un refuge, une sécurité, dans un contexte anxiogène et difficile », a déclaré Marc Cagniart, président de la Chambre des notaires de Paris. Depuis la sortie du confinement mi-2020, les maisons ont plus de succès que les appartements et les prix augmentent plus vite à mesure que l’on s’éloigne de Paris. En un an, les prix des maisons ont augmenté de 9,2 % en moyenne et ceux des appartements de 4,7 %.

Dans le neuf aussi, le succès des maisons ne se dément pas selon les chiffres déjà dévoilés par le ministère de la Transition écologique : +7,1 %, contre 3,7 % pour les appartements. En Île-de-France, les prix dans l’ancien, maisons et appartements confondus, ont augmenté de 2,5 %, contre 9,3 % en province. « C’est un phénomène de changement structurel de la demande », commente Barbara Castillo Rico, responsable des études économiques chez Meilleursagents. « Suite au Covid, avec la démocratisation du télétravail, le choix de localisation des ménages a été plus large », explique-t-elle.

Taux d’intérêt en hausse

Cela peut également représenter un gain de pouvoir d’achat, première préoccupation des Français, dont le logement constitue l’un des principaux postes de dépenses. En Île-de-France, les ménages qui sautent le pas sont désormais plutôt des familles, note Thierry Delesalle, président de la commission statistiques immobilières des Notaires du Grand Paris. La surface des maisons vendues en région parisienne a en outre augmenté. Non pas parce qu’elles sont plus grandes, a noté Me Delesalle, mais parce que les combles sont de plus en plus souvent aménagés en pièces à vivre, tout comme les garages.