Les chauffeurs VTC se mobilisent face à la hausse du prix du carburant

Lors d’une mobilisation des chauffeurs VTC, à Paris, le 28 mars. Lors d’une mobilisation des chauffeurs VTC, à Paris, le 28 mars.

« Travailler douze heures par jour, sept jours sur sept, pour gagner correctement » sa vie : ce chauffeur de VTC, qui s’exprime, parmi d’autres, dans la vidéo de l’Intersyndicale nationale VTC (INV), n’en peut plus. L’INV a entendu ce « ras-le-bol général », comme le dit son secrétaire général, Brahim Ben Ali, qui a appelé ses collègues à une mobilisation, lundi 28 et mardi 29 mars, à Paris, et dans cinq autres villes. La consigne est de se déconnecter des plates-formes durant ces deux jours. Des mobilisations « statiques », précise-t-il, « car [ils] n’[ont] plus d’argent pour le carburant ». La forte hausse des prix sert de déclencheur à ce mouvement, alors que le secteur a déjà souffert durant la crise liée au Covid-19.

Lire la chronique : Article réservé à nos abonnés « La longue course d’Uber vers les profits est loin d’être achevée »

Selon un sondage rapide fait par l’INV par le biais d’un réseau social, auquel 1 733 chauffeurs adhérents du syndicat ont répondu, ces derniers estiment avoir perdu 45 % de leurs revenus entre septembre 2021 et le 20 mars. A Paris, estime M. Ben Ali, « avant le Covid, pour quinze heures de connexion [temps d’attente inclus], un chauffeur pouvait enregistrer 250 euros de chiffre d’affaires. Aujourd’hui, c’est 100 ou 150 euros, voire 50 euros pour certains. » « Pour ceux qui déclarent tous leurs revenus, ajoute-t-il, ils perçoivent 950 ou 1 000 euros net par mois, pour cinquante-cinq ou soixante heures de connexion par semaine, dont 450 euros partent dans le carburant. Ce n’est pas tenable. »

« Les chauffeurs perçoivent 950 ou 1 000 euros net par mois, dont 450 euros partent dans le carburant. Ce n’est pas tenable », Brahim Ben Ali, secrétaire général de l’INV

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés VTC et livraison : coup d’envoi des élections des représentants

La prise en charge par l’Etat jusqu’à 18 centimes d’euro par litre de carburant, à partir du 1er avril et pour quatre mois, n’est pas suffisante au regard de la hausse du prix, pour l’INV. Certains auraient jeté l’éponge, déclare M. Ben Ali. Uber, par exemple, déclare compter entre 28 000 et 29 000 chauffeurs, contre 30 000 en 2019, avant la crise liée au Covid.

Une hausse des tarifs

Certaines plates-formes ont pris des mesures pour alléger le coût du carburant. Uber, par exemple, distribuera un chèque énergie de 100 euros, le 31 mars, à ceux qui réalisent plus de 50 courses par semaine. « Cela profitera à 20 % des chauffeurs », estime M. Ben Ali. L’entreprise californienne a aussi augmenté ses tarifs passagers d’une contribution exceptionnelle de 0,75 euro par trajet, depuis le 25 mars. La situation sera réexaminée après deux mois d’application. Son concurrent Freenow a mis en place, le 18 mars, un « bonus de 0,84 euro brut » par course, « au moins pour deux semaines », sans augmenter le prix payé par le client.

Il vous reste 32.8% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.