Le Verdon : il y a 40 ans, l’échouage du porte-conteneurs le « Renée-Delmas » dans l’estuaire de la Gironde

8 juin 1982. Cent quinze ans plus tard, presque jour pour jour, la même compagnie maritime renouvelait, du Verdon à « Bx A » (le navire de pilotage basé à l’entrée de l’estuaire), à l’intention de ses invités (amis, clients, réceptionnaires, transitaires, autorités portuaires, consulaires, etc.), la traversée inaugurale de son dernier-né : le « Renée-Delmas ».

Comme son prédécesseur, ce navire a été construit dans un chantier français. Celui d’Alsthom-Atlantique, à Saint-Nazaire. Mais il est vingt-cinq fois plus gros, beaucoup plus performant et encore plus économe. C’est le troisième enfant d’une portée de quatre commandée par l’armement français à un chantier français. [Cocorico !]

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Un temps estival et sur une mer d’huile

Selon la tradition, la journée inaugurale s’est déroulée le plus cordialement du monde par un temps estival et sur une mer d’huile. À 13 heures, sur le pont, la table était abondamment garnie et le vin bon. La salle des machines automatisée et d’une propreté de salle à manger ronronnait paisiblement au rythme des cylindres.

À 16 h 30 d’un pont à l’autre, on ne tarissait pas d’éloges sur le perfectionnement technique du bâtiment. C’est justement au cours de cette visite détaillée et commentée du porte-conteneurs que le « Renée-Delmas » trouva le moyen de quitter le chenal en voulant faire admirer de près la plage de Royan à ses passagers.

8 juin 1982 : le porte-conteneurs « Renée-Delmas » est tiré par deux remorqueurs après son échouage près des côtes charentaises et du Verdon.

8 juin 1982 : le porte-conteneurs « Renée-Delmas » est tiré par deux remorqueurs après son échouage près des côtes charentaises et du Verdon.

Archives Sud Ouest/Guy Théry

Les personnalités présentes purent ainsi assister à un authentique échouage et aux tentatives répétées de deux remorqueurs de l’Union des Remorqueurs de l’Ouest (U.R.O.) pour sortir le bateau de sa fâcheuse position. Le soleil et le vin aidant, le croche-patte inattendu au programme prêta à sourire.

Le souvenir d’un précédent échouage sur le banc de la Mauvaise

La Une du journal Sud Ouest du 18 janvier 1962 évoquant l’échouage et la perdition du pétrolier russe Neftegorsk sur le banc de la Mauvaise au débouché de l’estuaire de la Gironde.

La Une du journal Sud Ouest du 18 janvier 1962 évoquant l’échouage et la perdition du pétrolier russe Neftegorsk sur le banc de la Mauvaise au débouché de l’estuaire de la Gironde.

Archives Sud Ouest

On se souvenait en effet de l’épave de ce petit pétrolier russe pointant le bout de son nez sur le banc de la Mauvaise, et échoué il y a une vingtaine d’années. À l’époque, il n’y avait pas de pilote à bord. Hier, il y en avait deux sur le « Renée-Delmas » et tout le monde s’accordait à dire que la situation ne manquait pas de piquant, mais qu’elle avait assez duré.