Le tourisme mondial se redresse, sans atteindre le niveau d’avant la pandémie

En 2019, les recettes du tourisme mondial avaient atteint 1.482 milliard de dollars, avant d’être divisées quasiment par trois l’année suivante à cause de la pandémie.

Mais les touristes recommencent à partir en vacances et de plus en plus souvent à l’étranger comme le confirme le trafic voyageurs dans les aéroports un peu partout dans le monde. Les arrivées des touristes internationaux dans le monde ont ainsi plus que doublé (+ 130 %) en janvier dernier par rapport à la même période en 2021, selon les chiffres de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), avec 18 millions de visiteurs supplémentaires à l’échelle mondiale.

La reprise est enclenchée

L’Europe en particulier a fait trois fois mieux qu’en 2021 et les Amériques deux fois mieux. Il leur reste cependant la moitié du chemin à faire pour retrouver le tonus d’avant la pandémie.

« J’ai voyagé en début de semaine et je peux vous dire que les aéroports, les terminaux internationaux aux États-Unis sont très encombrés et qu’il y a une demande ou un intérêt pour voyager en Europe, parce que pendant plusieurs années nous n’avons pas pu le faire. Il nous manque donc de venir à Paris, d’aller à Rome et à Berlin », explique Larry Cuculic, directeur général de Best Western. De son côté, le cabinet ForwardKeys estime le deuxième trimestre 2022 semble encore « plus prometteur pour les voyages internationaux dans le monde que le premier trimestre ».

Le Moyen-Orient connaît aussi un boom par rapport à 2021 (+ 89 %), selon l’OMT, tout comme l’Afrique (+ 51 %), mais ces deux régions restent encore très loin des scores touristiques de 2019.

En Europe, les touristes internationaux reviennent en particulier en France, en Espagne, au Portugal, en Grèce et en Islande.

En Europe, les touristes internationaux reviennent en particulier en France, en Espagne, au Portugal, en Grèce et en Islande.

AFP

Et sans surprise, c’est l’Asie-Pacifique, avec plusieurs destinations fermées, qui dégringole. En janvier, les arrivées de touristes internationaux y étaient inférieures de 93 % à celles d’avant la pandémie. La Chine, notamment, qui affronte sa pire flambée épidémique depuis le printemps 2020, a mis en place des mesures draconiennes avec des villes totalement bouclées, comme Shanghai.

Pour les vacances d’été, le soleil et la mer dans les Caraïbes et en Amérique latine ont particulièrement la cote. Le Costa Rica, Aruba dans les Antilles néerlandaises, la République dominicaine ou encore la Jamaïque figurent parmi les 20 destinations les plus demandées et dépassent même les niveaux d’avant pandémie.

La France décolle

En Europe, la France, l’Espagne, le Portugal, la Grèce et l’Islande décollent, sans toutefois faire le plein de touristes comme avant la pandémie.

60 % des Français envisagent de rester dans leur pays. Avec le retour de la clientèle internationale, la saison pourrait être très dynamique

La France tire bien son épingle du jeu : les touristes reviennent et ils dépensent. Les recettes du tourisme international en février dans le pays « se sont rapprochées de celles de 2019 », à 2,7 milliards d’euros, « en hausse de 1,5 milliard par rapport à l’année dernière et à – 8 % par rapport à 2019 », a déclaré Jean-Baptiste Lemoyne, ministre chargé du Tourisme. Le secteur du tourisme en France représentait, en 2019, avant la pandémie, 7,4 % du PIB et 9,5 % des emplois.

« Ce n’est pas le marché qui va être problématique, c’est le coût de production des séjours touristiques »

Selon Jean-Baptiste Lemoyne, la France serait la destination « numéro un des voyages en Europe pour les Américains, les Belges, les Italiens, les Espagnols ».

La reprise est réelle, mais on n’atteint pas encore les chiffres d’affluence de 2019.

La reprise est réelle, mais on n’atteint pas encore les chiffres d’affluence de 2019.

AFP/Alain Jocard

Les Français, eux, sont « une exception européenne », assure le ministre : « Ils sont 60 % à envisager de rester dans leur pays pour les vacances. Avec un socle domestique qui va demeurer très fort et le retour d’une clientèle internationale, cela signifie qu’on est sur une saison d’été qui peut être très, très dynamique ».

Les vols reprennent

Quant au secteur aérien, « on retrouvera cet été sur les courts et moyen-courriers 100 % du niveau de 2019. En revanche sur le long-courrier, on restera plutôt sur 85-90 % du niveau de 2019 ».