Le NFT, copyright à l’heure du numérique

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Publié aujourd’hui à 17h00

Prenez une voiture de collection, faites-la exploser, sortez des morceaux du brasier en les filmant un par un, puis vendez-les aux enchères sur Internet sous forme de NFT, et attendez d’être millionnaire… C’est le pari d’un artiste, connu sous le pseudonyme Shl0ms, qui vend en ligne 999 vidéos correspondant chacune à une pièce unique retirée de la Lamborghini ainsi détruite fin février. Depuis, la valorisation de cette collection dépasse les 2 millions de dollars (1,8 million d’euros).

NFT pour « non-fungible token » : il s’agit d’un jeton dit « non fongible », c’est-à-dire impérissable et irremplaçable, qui fait office de titre de propriété numérique certifié et associé à un bien original unique qu’un seul détenteur possède. Un tel token, logé dans un porte-monnaie virtuel appelé « wallet », peut être associé à une œuvre d’art numérique, un objet de collection, une image numérique, un morceau de musique ou encore un livre numérique, voire à quelque chose de physique authentifié en ligne.




Tout, ou presque, peut faire l’objet d’un certificat vendu sur Internet au plus offrant, le plus souvent par des places de marché numériques hautement sécurisée telles que OpenSea, Rarible, Nifty Gateway et bien d’autres. La force de ces jetons est qu’ils sont authentifiés et certifiés grâce à ce que les initiés appellent une blockchain, autrement dit une « chaîne de blocs » sur Internet (comme Ethereum, Decentraland ou encore Polygon). Il s’agit d’un registre numérique, ou grand livre de comptes en ligne infalsifiables : aucune opération ne peut se faire sans l’aval de tous les maillons de la chaîne, comme un notaire le ferait avec l’historique papier de la propriété d’un bien.

Lire le décryptage : En garantissant l’authenticité et la propriété des NFT, la « blockchain » ouvre la voie à un nouveau marché de l’art

Il ne se passe pas une journée désormais sans que les NFT ne fassent parler d’eux. Le phénomène s’immisce rapidement dans l’art, les industries culturelles, l’économie, la finance. Selon le prestataire de blockchain new-yorkais Chainalysis, plus de 44 milliards de dollars ont été dépensés en NFT rien qu’en 2021. Pour un marché né il y a cinq ans, cela s’annonce comme une lame de fond.

Pourquoi un tel engouement ?

Une telle frénésie vient d’abord du fait qu’un NFT peut rapporter gros. Pour la première fois depuis les débuts de l’Internet, où chaque contenu est en principe copiable et duplicable gratuitement à l’identique et à l’infini, les NFT permettent de certifier et de monétiser un fichier numérique original et d’en attribuer la propriété à une seule personne. Et ce, quand bien même ce contenu (image, œuvre d’art numérique, vidéo, musique…) peut continuer à être diffusé au plus grand nombre.

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