Le gouvernement espagnol débloque un milliard d’euros sans mettre fin à la grève des routiers

Cet accord, qui n’a pas été signé par les grévistes, a été négocié uniquement avec le Comité national du transport routier (CNTC), organisation patronale du secteur. L’accord prévoit notamment une subvention de 20 centimes d’euros par litre de carburant. Cette aide entrera en vigueur le 1er avril et sera maintenue jusqu’au 30 juin au moins. Elle sera financée « à hauteur de 15 centimes » par l’État « et de cinq centimes par les entreprises du secteur pétrolier », a précisé le ministère des Transports.

« Nous sommes satisfaits »

Selon l’exécutif, accusé jusqu’à présent d’inaction face à la flambée des prix, ce mécanisme devrait permettre une économie de « 700 euros par mois et par camion » pour les transporteurs. Elle représente un effort global de « 600 millions d’euros » pour les finances publiques. Le plan dévoilé vendredi prévoit aussi des aides directes chiffrées à 450 millions d’euros, avec le versement d’une prime de 1 250 euros par camion, 950 euros par autobus et 300 euros par « véhicule léger » (taxis, ambulances, VTC). Les routiers bénéficieront enfin de facilités pour le remboursement de leurs crédits.

« Nous sommes satisfaits et nous espérons que la grève », lancée le 14 mars par un collectif de routiers indépendants qui n’a pas pris part aux négociations, « va prendre fin », a réagi le président du CNTC, Carmelo González, très critique depuis l’origine vis-à-vis de ce mouvement. « Il serait incompréhensible que les blocages continuent », a-t-il insisté. Un appel rejeté par les grévistes, réunis au sein de la plateforme de défense du secteur du transport de marchandises, qui ont jugé les mesures insuffisantes et assuré qu’ils maintiendraient leur grève jusqu’à ce que leurs représentants soient reçus par le gouvernement.

PIERRE-PHILIPPE MARCOU/AFP

Des « miettes »

Ce dernier a jusqu’à présent refusé de négocier avec ce collectif, jugé minoritaire au sein de la profession et accusé d’être proche de l’extrême droite. Des critiques rejetées par la plateforme, qui assure représenter une grande majorité de travailleurs indépendants et de PME. Le gouvernement « continue de discuter avec les mauvaises personnes », a dénoncé son président, Manuel Hernandez, en qualifiant de « miettes » les aides de l’exécutif.