Le glacier charentais-maritime l’Angélys pose ses fanions

Elles s’ajoutent aux trois premiers « ateliers » inaugurés en 2021, à Pontaillac, un des « spots » les plus chics de Royan ; place du Parlement, à Bordeaux ; et dans le quartier du Marais, à Paris. « Je voulais tirer une toile d’araignée de Nantes à Bordeaux, et m’installer là où il y a du monde. Paris, c’est stratégique pour l’export, pour que les touristes nous voient. Mon rêve, mon projet depuis vingt ans, c’est de me poser sur un banc à Tokyo et de voir passer quelqu’un avec un sac « L’Angélys ». On fait 0,5 % à l’export, on ne peut que progresser », affiche Denis Lavaud, l’homme qui a fait la griffe de l’Angélys.

Denis Lavaud dirige aujourd’hui une équipe de 57 personnes.

Denis Lavaud dirige aujourd’hui une équipe de 57 personnes.

Arnaud Bertrand

La chasse au glucose

On a déjà raconté sa lente quête vers les cîmes, les échecs, la maison hypothéquée, les reportages qui font basculer la marque du côté des grands. L’Angélys a conquis la niche des bûches. « L’hiver dernier, on a vendu 580 000 bûches, en hausse de 20 %. On est devenu le numéro 1 français de la bûche glacée. C’est un marché qui n’existe qu’en France, cela intéresse peu les multinationales. Nous, on vend des bûches pas très cher. Les gens nous retrouvent en bac après. »

Quatre magasins viennent d’ouvrir à l’orée de la saison touristique.

Quatre magasins viennent d’ouvrir à l’orée de la saison touristique.

Romuald Augé/»SUD OUEST »

L’entreprise vient de prendre possession d’une extension de 1 000 m² de ses locaux de Fontcouverte, à la sortie de Saintes, un investissement de 3 millions d’euros. L’Angélys grossit mais revendique une approche artisanale, excluant tout colorant, conservateur et arôme artificiel. « Nos sorbets ont désormais le nutriscore A. On a retiré le glucose et le sucre invertis de nos recettes sur tous nos produits. On a juste gardé beaucoup de fruits et de saccharose, le sucre cristal. Cela représente deux ans de recherche. Nos glaces sont vegan, il n’y a pas de protéine laitière pour stabiliser le produit. »

À la bière des 3 phares

Les boutiques diffusent les mêmes contenus que les bacs vendus en supermarché, avec une quarantaine de parfums. Environ 80 % de classiques, avec un top 5 constitué de vanille, caramel, mangue, framboise et chocolat. Et quelques expérimentations, comme cette glace au chêne de barrique qui permet de déguster les saveurs du bois. « On a lancé une glace noix de coco avec de la fraise. Cela donne le goût et la couleur de la barbe à papa, une glace bleue, mais réalisée sans colorant. On garde pour ligne directrice un produit naturel. »

Les magasins permettent de tester des nouveaux parfums.

Les magasins permettent de tester des nouveaux parfums.

Romuald Augé/ « Sud Ouest »

Dans les nouveautés, l’amarena, une grillote confite au kirsh, et une glace à la bière ambrée, conçue avec la brasserie royannaise Les 3 phares. « La rencontre de la crème fraîche et de la bière, c’est pas mal ! Je la recommande avec du pain perdu. » Fera-t-elle fondre les consommateurs comme la stracciatella et la pêche de vigne, testées l’an passé ? « On a tellement cartonné qu’on a décidé de les diffuser en bacs. »

« On a lancé une glace noix de coco avec de la fraise. Cela donne le goût et la couleur de la barbe à papa, une glace bleue, mais réalisée sans colorant. On garde pour ligne directrice un produit naturel. »

Denis Lavaud vise un réseau de 50 boutiques d’ici 2026. Quinze gérées en direct, et les autres franchisées, à l’image de celle de l’île de Ré. « Quand les six premières engendreront assez de résultat, on développera les autres. C’est autofinancé. » Il pose un pied en Espagne, avec un franchisé qui ouvre cet été trois boutiques à Madrid et une à Tolède, et en vise dix à terme. « Il y a des choses sur lesquelles on n’a pas été bon. On continue à apprendre », pose Denis Lavaud, à la tête, désormais, de 57 salariés.