Landes : les contrats pros des réfugiés se transforment en CDI grâce au monde viticole

« Cela s’est bien passé. C’était un peu difficile en hiver, il fait un peu froid, ce serait mieux d’avoir une voiture… Tout le monde est gentil », explique Tenkyong, originaire du Tibet.

Mustapha, réfugié somalien maintenant employé agricole.

Mustapha, réfugié somalien maintenant employé agricole.

O. F.

Du courage et le sens de l’entraide

Il en a fallu du courage à Tenkyong et ses collègues, âgés de 19 à 41 ans, pour se lever tous les matins aux aurores, prendre le scooter (ils n’ont pas le permis) et rejoindre les environs de Geaune à quarante-cinq minutes de leur domicile pour travailler dans les vignes, les plants de maïs, les pommiers. « Ils sont très courageux, très volontaires. Le bilan est très positif », reconnaît Régis Laporte, directeur de la cave du Tursan.

« Les jeunes ont été bien sélectionnés à l’origine, car ils avaient déjà travaillé dans les champs. Nous avons été conquis par leur volonté de s’intégrer, d’apprendre. C’est surtout notre salarié qui les a accompagnés. Pour moi, c’était une action évidente. Il fallait le faire. Et quand on connaît leur parcours, leur vie, on est pris au cœur », avoue Pascal Chalandré, vigneron à Castelnau-Tursan et président du groupement d’employeurs des Augustins.

« Ils ont un savoir-être exceptionnel. Ils sont tout le temps dans l’entraide, ils remontent les rangs, sont assidus, ponctuels, aident les autres… Des qualités que l’on ne retrouve pas chez tous nos saisonniers », remarque Olivia Gros-Scapin, responsable carrières et compétences au sein du GE des 4 Saisons.

L’acccueil, un droit international

Ce projet hybride n’aurait pas pu se concrétiser sans la Maison familiale et rurale d’Aire-sur-l’Adour, qui a créé une formation express sur mesure, la Fondation COS Alexandre Glasberg, qui assure le volet intégration, et XL Landes habitat, qui a mis à disposition des studios. Les services de l’État ont chapeauté le dispositif « dans le cadre de la politique d’insertion des réfugiés. Les Landes ont été les premiers à expérimenter ce programme qui combine le logement, la formation professionnelle et linguistique », expliquait Franck Hourmat, directeur de la DDETSPP40 (2), à l’heure du bilan qui s’est déroulé en début de semaine à la cave coopérative du Tursan à Geaune. « Le Tursan a fait un bel accueil à ce projet. Car au-delà de l’impulsion de l’État, il y a des citoyens qui se mobilisent pour le respect de ce droit international », poursuit le directeur.

Tenkyong, ouvrier agricole tibétain, employé par le GE des Augustins.

Tenkyong, ouvrier agricole tibétain, employé par le GE des Augustins.

O. F.

Éva Quenard, adjointe de direction au COS CPH Landes, et Théo Oosterlaken, directeur de la MFR d’Aire-sur-l’Adour, sont très satisfaits. « Quand ils sont arrivés, ils ne connaissaient rien à la vigne, ne parlaient pas le français et étaient totalement parachutés et là, ils signent un CDI. C’est une belle réussite ! »

(1) Groupements d’employeurs des 4 Saisons, GE Du Mont Durou, GE des Augustins, GE Tumapaler, Christine Dupuy. (2) Direction départementale de l’emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations