Landes : à Saint-Avit, 26 hectares de terres bio aux portes de l’agglomération montoise

Deux maisons, dont un ancien logement, se situent sur la parcelle.

Deux maisons, dont un ancien logement, se situent sur la parcelle.

Thibault Toulemonde

Ces terres sablonneuses, disposées dans la commune de Saint-Avit, retrouvent leur vocation agricole d’origine. Celle qui gouvernait la conduite d’une culture de maïs dans les années 1960 puis la pousse des végétaux de la pépinière Courserant. Au départ du pépiniériste lot-et-garonnais, il y a environ cinq ans, le groupement foncier agricole de la famille Courserant s’est tourné vers la Société d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer) pour trouver un repreneur. Deux ans après, c’est donc Olivier Banos et ses associés qui ont repris les terres.

Céline Pouységur, chargée de développement à Feros.

Céline Pouységur, chargée de développement à Feros.

Thibault Toulemonde

Les seuls candidats

« Nous avons été choqués par le fait que ces terres n’intéressent aucun agriculteur dans les environs de Mont-de-Marsan. Le terrain n’était pas clé en main, c’est peut-être pour ça que les acheteurs ne se sont pas bousculés », confie Olivier Banos. Le siège de sa société se situe en Haute Lande. « Nous nous sommes tout de suite projetés vers une activité de vente directe de produits du maraîchage », poursuit Céline Pouységur, chargée de développement à Feros qui emploie 25 salariés et réalise 11 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel. Les responsables envisagent, l’hiver, de mettre du bétail et pourquoi pas de vendre du lait et faire du fromage.

En 2021, la SARL Feros acquiert donc 26 hectares de terre, deux maisons et 12 hectares de forêts. « Nous ne pouvons que nous féliciter de cette reprise. Notre mission est de préserver le foncier agricole. Contrairement à ce qui a pu être dit, Feros a tout simplement fait une remise en culture de terres agricoles classées comme telles, mais n’a pas défriché une zone boisée. Par notre intervention, ces terres retrouvent leur vocation », précise Bruno Lacrampe, directeur départemental de la Safer Nouvelle-Aquitaine.

« Nous croyons au bio »

Certains se mordront peut-être les doigts de ne pas avoir saisi l’occasion d’acquérir ces parcelles plates et d’un seul tenant. La Communauté d’agglomération du Marsan et le Département, sollicités par la Safer, n’ont pas sauté dessus. Trop tôt, sans doute, pour entrer dans un projet de produits bio dans les cantines.

Reste à présent aux promoteurs du projet de résoudre le problème de la ressource en eau. « Les droits d’eau ont été perdus. Or, la ressource est là, à 10 mètres sous terre. L’administration nous oblige à faire un dossier de demande qui va nous coûter 15 000 euros et prendre deux ans. C’est comme si on nous demandait de repartir à zéro sur des terres qui ont déjà été cultivées ! », s’emporte Olivier Banos.

« Nous allons le faire mais croyez-moi, il faut être sacrément motivé pour faire ce qu’on fait. Nous croyons au bio. C’est prouvé scientifiquement que c’est bon pour la santé », insiste Céline Pouységur.

La bataille de la main-d’œuvre

La SARL Feros ferraillera ensuite pour trouver de la main-d’œuvre mais arrivera à ses fins grâce à des solutions innovantes et pragmatiques. Outre les machines inventées par l’un des associés, la société recrute chaque année plus de 150 saisonniers pour les asperges bio, les légumes et la castration de maïs. Actuellement, 70 d’entre eux arrivent d’Équateur et de Colombie. Ils ont été transportés par la société et sont logés et nourris.