Landes : à Grenade-sur-l’Adour, le passage des poids lourds empoisonne la vie des habitants

La commune de Grenade-sur-l’Adour est traversée de part en part par la RD 824. Les poids lourds venant de Mont-de-Marsan ou de Saint-Sever par la RD 924 l’empruntent, en passant par le centre bourg, pour prendre la direction d’Aire-sur-l’Adour. Et inversement. Et ce n’est pas le panneau d’interdiction aux véhicules de plus de 7,5 tonnes, posté avant l’entrée de la commune, qui dissuade les chauffeurs routiers de s’engager sur cette voie.

Vitesse excessive

Une étude, commandée par le Conseil départemental en 2019, a permis de livrer un certain nombre de chiffres. Ainsi, un comptage a révélé le passage quotidien de 533 camions en moyenne, dans un sens, soit près d’un millier par jour. La vitesse a également été contrôlée. Hormis le cœur du bourg, au niveau de la place des Tilleuls, où les chauffeurs sont obligés de respecter les 30 kilomètres par heure vue l’étroitesse de la voie, ils dépassent allègrement les 60 ailleurs.

Résultat, la chaussée s’affaisse par endroit, des bouches d’égout sont cassées, du mobilier urbain est arraché, tout comme des bâches de commerçants. La pollution se répand sur les habitations, qui « vibrent à chaque passage de camions » et « a des conséquences sur la santé des riverains », assurent les membres de l’association.

Mais, ce qui les inquiète en premier lieu, c’est l’insécurité engendré par le trafic. « Est-ce qu’il faut attendre qu’il y ait un drame pour prendre une décision ? », s’interroge Patrick Saint-Martin. Pour les membres de l’association, la seule solution est d’interdire le passage des poids lourds dans le centre bourg. « Une mesure de bon sens, pour protéger nos enfants et nos anciens », insiste-t-il.

L’association a posé un panneau à l’entrée de la commune pour tenter de faire bouger les choses.

L’association a posé un panneau à l’entrée de la commune pour tenter de faire bouger les choses.

Th. T.

Dans l’étude de 2019, une des pistes d’amélioration portait sur l’aménagement d’un contournement. « Mais il faudra vingt ans avant qu’une rocade ne voie le jour », souligne Didier Dussaby. Et les membres de l’association n’en peuvent plus d’attendre. D’autant que, pour eux, il existe un itinéraire de substitution qui pourrait très facilement être mis en place.

Rien ne bouge

Cet itinéraire passerait par la RD 30 et ne traverserait « que le seul village d’Artassenx, qui ne compte que 300 habitants. C’est d’ailleurs la solution alternative qui a été mise en place à l’occasion de la fête du village fin mai », indique Patrick Saint-Martin, las de constater que rien ne bouge. Pourtant, ce n’est pas faute de mobilisation.  « Nous avons lancé une pétition qui a recueilli 500 signatures, nous avons organisé plusieurs manifestations, dont une avec blocage de la route, envoyé des courriers, sollicité les élus », énumère le président.

Le passage des poids lourds occasionne notamment des dégâts sur le mobilier urbain.

Le passage des poids lourds occasionne notamment des dégâts sur le mobilier urbain.

Thibault Toulemonde

Odile Lacouture, maire de Grenade-sur-l’Adour, est bien consciente du problème. « Ce trafic de poids lourds nous dérange et il est dangereux », note-t-elle. Elle aussi souligne la dégradation de la qualité de l’air, la pollution qui oblige la commune à engager des frais pour des opérations de nettoyage. Elle aussi constate qu’habitations et commerces de la rue principale se vident.