Lacanau : comment la Patrouille de France prépare son show de samedi

Briefing protocolaire

En soixante-neuf années d’acrobaties aériennes, la Patrouille de France a accompli plusieurs centaines de représentations à travers le monde. Un palmarès et un savoir-faire garantis par la rigueur de toutes les équipes et entretenus par des entraînements minutieux. Dimanche 22 mai, deux avions Rafale – d’une autre unité que celle de la Patrouille de France – se sont heurtés en vol lors d’une démonstration aérienne à Cognac. Les pilotes gardent en tête les risques de leur métier hors du commun.

Dans le bâtiment qui jouxte les hangars, une grande table a été installée. Les huit pilotes se sont assis autour sous le regard des mécaniciens. À quelques minutes du début du briefing, un étrange rituel se prépare. « 10 secondes, 5 secondes, 1 seconde ». La réunion s’ouvre à 14 heures pile, pas une seconde plus tard. Une manière de bien respecter le « timing » si cher à la Patrouille. Une carte de la zone s’affiche sur l’écran. Le capitaine Cédric Ollivier fait un premier point sur les conditions météo. La chorégraphie du show est décidée en fonction du plafond nuageux. « Il y a trois démonstrations possibles selon les jours », détaille-t-il. « Aujourd’hui, les nuages sont assez bas. Il ne fait ni très beau ni très mauvais, nous effectuons donc une démonstration intermédiaire. »

Les pilotes de la Patrouille s’élancent sur la piste.

Les pilotes de la Patrouille s’élancent sur la piste.

Bastien Marie

Des musiciens

Le briefing étudie tous les aspects du vol. La zone survolée est scrutée à la loupe, de sa topographie jusqu’à la présence de volatiles. « Il faut penser à tout », explique le capitaine. À 41 ans, c’est sa 3e année au sein de la Patrouille. Comme tous les pilotes, il est surnommé Athos, suivi du numéro de l’avion qu’il pilote (dans son cas le 6). Athos 6, donc, précise que plusieurs plans de secours sont également établis en amont des vols. « En cas d’incident, nous établissons plusieurs plans à suivre. Pour les vols de Lacanau et de Biscarrosse, l’aéroport le plus proche est celui de Bordeaux. Mais si la piste est occupée, nous pouvons également nous poser à Mont-de-Marsan. »

Avant de partir, les pilotes répètent leur vol dans un exercice millimétré. « La musique » est une mentalisation de la performance. Les pilotes sont guidés par la gestuelle et la voix du leader, Athos 1, placé à l’avant de la formation. Les yeux fermés pour certains, le regard concentré pour les autres, ils répètent ensemble les gestes qui garantissent leur bonne formation.

Travail d’équipe

Les mécaniciens ont rejoint le tarmac avant la fin de la réunion. Ils vérifient une dernière fois les appareils. La capitaine Dujardin tient à rappeler une vieille tradition, propre à la Patrouille : « Ce sont les mécaniciens qui choisissent les pilotes avec qui ils travaillent. Pas l’inverse. » À 28 ans, le sergent Jérémy Michaud a choisi le capitaine Ollivier. Ils sont arrivés au sein de la Patrouille de France en même temps, il y a trois ans. Il s’occupe de son avion. « Avant le vol, on vérifie les derniers détails. On s’assure notamment qu’il n’y ait pas de fuites et que les commandes de vols soient opérationnelles. » En mission, l’équipe de la Patrouille de France se déplace à 35. Derrière les pilotes, dix mécaniciens comme le sergent Michaud travaillent comme « pistards » au plus près des avions. Dix autres s’occupent du dépannage.

Le capitaine Cédric Ollivier et le sergent Jérémy Michaud devant leur avion, le numéro 6.

Le capitaine Cédric Ollivier et le sergent Jérémy Michaud devant leur avion, le numéro 6.

Les derniers points ont été vérifiés, les pilotes vont pouvoir rejoindre la piste pour s’envoler en formation. Ils ont enfilé une combinaison verte, sorte de surpantalons anti G. En vol ils, peuvent recevoir jusqu’à 6G dans le corps. Les réacteurs des Alphajets s’allument. Avec eux, un bruit sourd. Continu. Les mécaniciens se placent devant leurs avions respectifs. Dans un dernier signe de la main, ils saluent leurs pilotes.

Ce week-end

La Patrouille de France fait son show samedi 28 mai à 14 heures à Lacanau, et dimanche 29 à Biscarrosse entre 14 et 18 heures.
Des activités seront proposées toute la journée avec notamment le car-podium de l’armée de l’Air et de l’Espace, des ateliers ludiques ou encore un simulateur de vol sur Rafale. Les pilotes viendront également à la rencontre du public à l’issue du vol.

La Patrouille de France au-dessus de l’océan lors de l’entraînement du jeudi 26 mai.

La Patrouille de France au-dessus de l’océan lors de l’entraînement du jeudi 26 mai.

Armée de l’Air et de l’Espace/EQPAA

Les Alphajets de la Patrouille voltigent dans tous les sens

Les Alphajets de la Patrouille voltigent dans tous les sens

Armée de l’Air et de l’Espace/EQPAA

Au-dessus du lac de Biscarrosse, les avions de la Patrouille volent en formation serrée.

Au-dessus du lac de Biscarrosse, les avions de la Patrouille volent en formation serrée.

Armée de l’Air et de l’Espace/EQPAA