La Rochelle : Sea Pole, en avant les savoir-faire dans la construction et la réparation navale

Autour de Maxime Legendre (Lecamus) et Nicolas Ménard (Grand Port maritime de La Rochelle), certains des autres partenaires de la nouvelle marque Sea Pole.

Autour de Maxime Legendre (Lecamus) et Nicolas Ménard (Grand Port maritime de La Rochelle), certains des autres partenaires de la nouvelle marque Sea Pole.

Romuald Augé

À Lorient, Concarneau, aux Sables-d’Olonne et dans une moindre mesure à Bordeaux et Bayonne, la concurrence est rude sur ce marché. L’ambition est « de se démarquer pour faire face aux autres pôles », résume Maxime Legendre. Le dirigeant de la société Lecamus évoque les valeurs de la nouvelle entité, « le professionnalisme, l’écoute du client, l’esprit d’innovation, l’agilité ». Si elles paraissent des évidences nécessaires, elles semblent devoir être soulignées pour appuyer la dimension collective du projet. Propriétaire de la marque, le Grand Port est un partenaire central qui engage « 1,5 million d’euros d’investissements à court terme » pour améliorer les conditions d’accueil des navires, en distribuant fluides et électricité sur des postes à quai.

L’exemple du « Sharlou »

La nouvelle marque s’assied sur de solides fondations. Les entreprises adhérentes ont toutes une histoire ancrée dans l’activité de construction et de réparation navale à La Rochelle, qui emploie de 200 à 400 salariés en pointe d’activité. Elles savent aussi au gré des marchés s’extraire de ce périmètre portuaire pour honorer des marchés extérieurs.

Si elles ne chassent pas en meute à proprement parler, ces sociétés dialoguent entre elles pour, au coup par coup, agréger les compétences disponibles chez un voisin pour muscler un marché principal que l’une ou l’autre aura décroché. Une antériorité servie par une conjoncture favorable liée au développement de « l’acteur majeur » du dispositif, le chantier naval Ocea qui a démoli son ancien site rochelais pour en rebâtir un nouveau à l’horizon 2024. Une centaine d’emplois à la clé. Le spécialiste vendéen de la construction navale aluminium envisage ici des unités jusqu’à 120 mètres de longueur. L’aspect technique de leur mise à l’eau est en discussion avec l’autorité portuaire, l’actuel élévateur à bateau ne pouvant supporter de telles unités.

La présentation de la nouvelle marque coïncide avec les travaux de finition sur le « Sharlou ». Le yacht de 43 mètres est depuis le 26 septembre dernier l’objet d’un profond refit. Une révision décennale pilotée par ARC et qui à pleine charge a mobilisé jusqu’à 150 personnes. Pour ce chantier, le maître d’ouvrage a sollicité les talents locaux et régionaux, illustration concrète de la dynamique que veut porter plus en pointe le collectif rochelais.