La Rochelle : « aider les enfants de mon village au Bénin, c’est mon projet de vie »

En devenant adulte, il se promet alors de tenter d’y remédier. « C’est devenu mon projet de vie. » Koffi Fadjo rencontre sa future femme au Bénin et la suit en France en 2006 pour fonder une famille. Il passe le Bafa (brevet d’aptitude aux fonctions d’animateurs), trouve un emploi au contact des enfants et monte à La Rochelle l’association Horizons Africains pour l’échange culturel et le soutien à sa région natale de l’île au sel, dans l’estuaire du Mono, près de Grand Popo.

Initiative privée

Après des débuts timides, il parle de son projet à sa collègue de travail Bianca qui le met en relation, en 2019, avec Jean-Luc Algay. Un maire de L’Houmeau et vice-président de la Communauté d’agglomération de La Rochelle qui décide d’aider, mais à titre strictement personnel. « Je crois en l’initiative privée. Avant de solliciter des subventions publiques, éventuellement, il est bon de faire ses preuves. »

Koffi Fadjo, coordinateur de l’association, aux côtés de Jean-Luc Algay qui apporte son soutien au projet à titre personnel.

Koffi Fadjo, coordinateur de l’association, aux côtés de Jean-Luc Algay qui apporte son soutien au projet à titre personnel.

Alain Babaud

Jean-Luc Algay active ses réseaux du monde de l’entreprise, notamment, pour collecter des fonds. 6 000 euros sont ainsi rassemblés, en plus de dons de matériel pour les écoliers venus de parents d’élèves notamment. L’association commence ainsi à financer une barque pour le transport des enfants jusqu’à l’école, en remplacement des pirogues. Puis vient l’idée de construire sur l’île une ludothèque dotée de livres et de jeux.

Il faut encourager les enfants et les jeunes à apprendre, à se cultiver, pour qu’ils aient accès à des emplois sur place et puissent rester au pays »

Avec le relais sur place du père de Koffi Fadjo et du chef du village, pour veiller à la bonne utilisation des fonds, l’exécution des travaux et la pérennité de l’ouvrage dans le respect de la culture locale. Le coordinateur de l’association revient lui-même dans son village tous les ans, pour maintenir un lien direct avec les familles.

La construction d’une barque fait partie des actions financées par l’association.

La construction d’une barque fait partie des actions financées par l’association.

Association Horizons africains

Le bâtiment est aujourd’hui opérationnel. Il est modeste, 20 mètres carrés, et pourrait être prochainement équipé d’une télévision – il n’y en a pas dans le village – pour des programmes éducatifs. « Ce serait un moyen supplémentaire de faire venir les enfants. » Aujourd’hui, les 3 à 14 ans visés sont une quarantaine sur l’île. À terme, il s’agit d’élargir l’accès à cet équipement rarissime dans cette région du Bénin aux gamins des villages alentour.