La Rochelle : à l’Aquarium, le gang des sardines face aux requins

Depuis deux ans, les biologistes rochelais ont décidé de mettre un coup d’accélérateur sur la reproduction de certaines espèces. « Nous avons reçu 200 sardines tropicales que nous avons réussi à faire grandir dans un bassin. Dernièrement, on a repéré des œufs. On a donc installé de nuit un filet de plancton pour les récolter. C’est ainsi que l’aventure a commencé », raconte Mathieu Coutant, directeur de l’équipement rochelais et biologiste. Une aventure pas gagnée d’avance car mener une ponte, en dehors du milieu naturel, c’est encore assez rare et cela réclame un certain nombre de précautions. « L’une des grosses difficultés de l’élevage larvaire, c’est réussir à adapter la proie à la taille de la bouche de l’animal », résume le spécialiste. En clair : il faut avoir auparavant mis au point un phytoplancton assez microscopique pour permettre à la larve tout aussi microscopique de se nourrir et donc de se développer.

Des sardines tropicales au milieu du bassin des requins, une première à l’Aquarium de La Rochelle, et quasi en Europe

Des sardines tropicales au milieu du bassin des requins, une première à l’Aquarium de La Rochelle, et quasi en Europe

Jean-Christophe Sounalet/ « Sud Ouest »

Cohabitation intelligente

Dans la nurserie de l’Aquarium, et après quelques essais infructueux, l’expérience a fini par porter ses fruits. Sous la surveillance des biologistes, la larve s’est métamorphosée pour devenir un juvénile. Au mois de mars dernier, près de 500 spécimens (sur le millier élevé) ont été délicatement introduits, dix par dix, dans des petits sachets en plastique. Le banc de sardines a mis une bonne quinzaine de jours pour se constituer et se mettre en boule. « C’est leur façon de vivre, leur défense. La sardine est une espèce grégaire. Elles se resserrent et intervertissent leurs places, elles bougent au sein de cette masse », explique Mathieu Coutant.