La marque automobile chinoise MG entame sa longue marche en Europe

Le MG Marvel R revendique une autonomie d’environ 400 kilomètres.

Depuis mai 2020 et son lancement en France, MG a mis les bouchées doubles. La gamme vient tout juste de s’enrichir d’un quatrième modèle, 100 concessionnaires ont été recrutés et une quarantaine de personnes ont été embauchées au siège de la filiale française, dans le quartier de la Défense, près de Paris. Sur un marché automobile léthargique, le constructeur chinois affiche des résultats commerciaux honorables. En moins de deux ans, près de 6 000 immatriculations de voitures électriques et hybrides rechargeables ont été enregistrées, dont 40 % auprès de particuliers, le reste étant composé de ventes aux loueurs de courte durée et de véhicules de démonstration.

Ce score fait de la France le deuxième marché européen de la marque, qui a diffusé 52 546 véhicules en 2021 sur le Vieux Continent, dont plus de la moitié au Royaume-Uni, où elle commercialise aussi des modèles thermiques. Ce constructeur est détenu par le vaste consortium public SAIC (Shanghai Automotive Industry Corporation), qui a racheté le nom de Morris Garage (MG), ancienne marque anglaise dont les petits roadsters eurent leur heure de gloire dans les années 1960.

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Le logo, très vintage, a été dûment conservé. « Nos origines chinoises ne perturbent pas nos clients, qui savent que leurs smartphones sont fabriqués eux aussi en Chine sans que cela ne pose des soucis de qualité. Mais la référence à la marque MG apporte une dimension supplémentaire qui les rassure », souligne Julien Robert, directeur des ventes et du réseau. Pour achever de rasséréner le chaland, MG applique une garantie de sept ans sur ses voitures, à l’instar des marques coréennes.

Tarifs agressifs

Face aux autres constructeurs chinois présents en Europe, MG évite de jouer la carte de la disruption, alors que Lynk & Co ne propose que des formules de location mensuelle et que Aiways privilégie, avec des résultats plus que mitigés, la vente en ligne. Le classique réseau de concessionnaires doit s’étoffer, avec l’ambition d’atteindre 200 points de vente en 2024. L’objectif est de réaliser 10 000 immatriculations dès 2022 avec, comme argument le plus palpable, le prix des modèles, que la marque estime inférieur de 20 % à la concurrence.

Pour autant, MG se défend d’être un constructeur « low cost » et se définit comme un généraliste très porté sur les modèles « électrifiés », dont le moins cher est facturé (avant bonus écologique) à peine moins de 30 000 euros. Quarante ans après les constructeurs japonais et vingt ans après les coréens, les chinois de MG entament une longue marche guidée par une stratégie assez classique : des tarifs agressifs, un style destiné à se fondre dans la masse et un niveau d’équipement supérieur à la moyenne. La différence est qu’en 2022, l’électrification de l’automobile rebat les cartes en resserrant les écarts technologiques entre compétiteurs.

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