La hausse du smic met les entreprises sous pression

Un employé d’une entreprise de nettoyage travaille dans le métro parisien, en mai 2020. Un employé d’une entreprise de nettoyage travaille dans le métro parisien, en mai 2020.

Sous l’effet de l’inflation, le salaire minimum va être revalorisé pour la troisième fois en sept mois. En hausse de 2,65 %, il atteindra au 1er mai 1 302,64 euros nets mensuels. Un peu plus de deux millions de salariés payés au smic vont ainsi percevoir 33 euros nets de plus par mois. Soit, pour eux, une augmentation cumulée de 5,75 % depuis l’automne 2021, rare pour le reste des salariés, qui n’ont droit à aucune revalorisation automatique. Avec ce nouveau relèvement, le smic rattrape donc mécaniquement le niveau des plus bas salaires.

Ainsi, au 1er mai, 83 branches professionnelles de plus vont voir le ou les premiers échelons de la grille de leur convention collective rattrapés par le niveau du smic, selon un décompte de la CFDT. En ajoutant celles qui s’étaient vu rattraper par les revalorisations précédentes, ce seront 144 sur 171 branches professionnelles de plus de 5 000 salariés qui auront des minima sous le smic, soit 84 %. Ce qui met les entreprises sous pression, alors que le sujet a provoqué nombre de grèves et de manifestations ces derniers mois.

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« On n’était plus habitués à gérer l’inflation, cette gymnastique de refaire les tarifs et les salaires en permanence, reconnaît Eric Chevée, vice-président chargé des affaires sociales à la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME). Si la question du salaire est cruciale, tant pour conserver nos effectifs que pour recruter, répercuter l’inflation et la hausse du smic à tous les salaires n’est pas simple. Cela dépend beaucoup du modèle économique de l’entreprise. »

« On ne peut donner que ce que l’on a »

A Limoges, l’entreprise de location de matériel de chantier BLS location a relevé en tout les salaires de 5 % en 2022. A la négociation annuelle obligatoire s’est ajoutée une hausse imposée par la branche, qui a renégocié la grille de la convention collective. « Heureusement qu’on a les reins solides, mais c’est très lourd pour les PME déjà en flux tendu pour leur trésorerie avec la flambée des prix de l’énergie, des matières premières, et le début des remboursements des prêts garantis par l’Etat », souligne sa DRH, Laurence Beaubelique, également présidente de la CPME de Haute-Vienne.

« On ne peut donner que ce que l’on a », observe de son côté Philippe Jouanny, président de la Fédération des entreprises de propreté. La branche va voir son premier échelon passer 1 centime sous le smic au 1er mai, alors que la dernière hausse, de 1,05 %, ne date que du 1er avril. « Quand vous faites entre 1 % et 3 % de marge et que votre masse salariale c’est 80 % du prix de la prestation, si vous augmentez les salaires de 2 % , vous ne faites plus de marge ! » détaille-t-il.

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