La Croix-Blanche : face aux promoteurs des « Horlogers du temps », ils ont remis les pendules à l’heure

« Quand ils m’ont contacté en mars, j’étais loin d’imaginer un projet d’une telle ampleur. » Le maire de La Croix-Blanche, Gilles Charollais, n’avait sans doute pas mesuré non plus l’ampleur de l’hostilité que générerait le projet de parc à thème porté par Mundiparks. Ce lundi soir, la salle des fêtes surchauffée de la commune était trop petite pour accueillir les 300 riverains venus en savoir plus sur « les Horlogers du temps », dévoilé sur notre site Internet le 15 juin.Curieux de connaître les détails…

« Quand ils m’ont contacté en mars, j’étais loin d’imaginer un projet d’une telle ampleur. » Le maire de La Croix-Blanche, Gilles Charollais, n’avait sans doute pas mesuré non plus l’ampleur de l’hostilité que générerait le projet de parc à thème porté par Mundiparks. Ce lundi soir, la salle des fêtes surchauffée de la commune était trop petite pour accueillir les 300 riverains venus en savoir plus sur « les Horlogers du temps », dévoilé sur notre site Internet le 15 juin. Curieux de connaître les détails de ce projet d’une ampleur sans précédent en Lot-et-Garonne : 200 millions d’euros d’investissement dont 85 millions rien que pour la construction – « l’équivalent de l’Arena de Floirac »- et 400 CDI à temps plein à la clef. Trop beau pour être vrai ? Trop gros ?

Thierry Beugnet, président de Mundiparks, a joué la transparence sans lever le voile sur le concept. Trop tôt.

Thierry Beugnet, président de Mundiparks, a joué la transparence sans lever le voile sur le concept. Trop tôt.

Thierry Breton/ « SUD OUEST »

Thierry Beugnet, président de Mundiparks, venu avec ses associés Jean-Jacques Huiller, Jean-Claude Rodeghiero et Patrick Vauchez, a rappelé avoir pour objectif « l’adhésion la plus large possible du territoire ».

L’excuse écologique est un peu facile. C’est dans l’air du temps, mais contradictoire avec ce que vous présentez

Il lui reste trois ans, avant le début espéré des travaux, pour convaincre. La tâche ne sera pas aisée. Précisons que l’offre définitive d’achat de la parcelle privée de 100 hectares, située au lieu dit Poulère, n’a pas encore été signée et que Mundiparks a été « la seule à avoir répondu à l’appel d’offres public lancé par la Safer ». Pas de quoi rassurer l’auditoire, pas plus que les autres arguments développés.

800 000 visiteurs par an

La suspicion est de mise. Les plus proches riverains du parc, essentiellement sous-terrain, s’inquiètent pour le trafic généré, le bruit… Thierry Beugnet répond solution de transports en commun électrique ou à hydrogène à développer en partenariat avec les collectivités, au départ d’Agen et Villeneuve, et une taille de parking réduite à 6 hectares contre les 15 initialement prévus. Une voie d’accès dédiée serait réalisée. Objectif : accueillir 800 000 visiteurs par an, soit, malgré tout, plusieurs milliers de véhicules par jour lors des pics de fréquentation.

Élus et associés de Mundiparks n’ont pas passé la plus agréable des soirées.

Élus et associés de Mundiparks n’ont pas passé la plus agréable des soirées.

Thierry Breton/ « SUD OUEST »

Mundiparks présente les Horlogers du temps comme « un outil pour faire changer les mentalités », dont l’ADN repose sur la transition écologique et l’apport du numérique. Le groupe met en avant le soin porté à l’environnement, sa volonté d’être autosuffisant sur le plan énergétique. Autant d’arguments qui n’ont visiblement pas convaincu grand monde dans la salle. Au contraire. « L’excuse écologique est un peu facile, juge un membre du public. C’est dans l’air du temps, mais contradictoire avec ce que vous présentez et dont le seul but est de faire de l’argent. » Applaudissements. Biodiversité menacée, pollution numérique, émissions de gaz à effet de serre liés aux travaux, artificialisation des sols, rien n’a été épargné aux promoteurs.

Les grandes lignes du projet ont été esquissées.

Les grandes lignes du projet ont été esquissées.

Thierry Breton/ « SUD OUEST »

Faisant acte de transparence, Thierry Beugnet n’a pas pu lever tout le voile qui entoure encore le projet avec son hub central, ces « mundies » sous-terrains, etc. « Dans un contexte ultra-concurrentiel, le moment de dévoiler notre concept n’est pas encore venu. »

Le spectre d’une ZAD agité

Un habitant de Monbalen s’est, quant à lui, interrogé sur les proportions du parc en projet : « 400 emplois, c’est 1,7 fois le parc Astérix, 8 fois Vulcania, l’équivalent du Futuroscope. Tous ces parcs, aujourd’hui, s’écroulent. Surtout ceux qui ne font pas des attractions. Et on ne connaît pas vos investisseurs. Comment garantissez-vous qu’il n’y aura pas une ZAD pendant vingt ans ou que vous ne laisserez pas une friche industrielle ? » Le spectre de voir les collectivités appelées à la rescousse pour combler de futures dettes est aussi agité. À nouveau, Thierry Beugnet, dans le plus grand calme, essaye de rassurer sans forcément convaincre : « Nous avons des investisseurs français avec un pool bancaire. Je vous rassure, on ne lève pas 200 millions d’euros avec un film et quelques slides. »

Je suis atterré d’entendre que l’on peut se passer de 400 emplois