La conserverie de la ferme de Carbouey primée avant de naître

Le séchoir doit être rénové d’ici la fin de l’année pour devenir un laboratoire de transformation de fruits et légumes.

Le séchoir doit être rénové d’ici la fin de l’année pour devenir un laboratoire de transformation de fruits et légumes.

V. T.

La conserverie répondait favorablement à tous les critères, pour espérer encaisser les 10 000 euros récompensant le gagnant : relever de l’économie sociale et solidaire et s’engager sur le territoire.

Retard au démarrage

Mais « ça répond aussi à un vrai besoin », ajoute Marie Brunel, maraîchère, qui fait partie des instigateurs de la conserverie. Un besoin pour les maraîchers et arboriculteurs du territoire, car cela créerait un débouché pour les surplus de production. Pour le moment, l’agricultrice fait don d’une partie de ses invendus aux Restos du cœur, mais travaille aussi avec une conserverie installée à Bergerac. « Difficile d’en trouver une labellisée bio plus proche ».

À la baguette de ce laboratoire, la cuisinière Noémie Lebastard, qui travaille pour le moment autour de Bordeaux, orchestrera la création des tartinades, soupes, coulis ou jus de fruits, dans un premier temps. Dans un second temps, les plats cuisinés étofferont la gamme, avant peut-être de dégager du temps pour découper de la viande ou mener des ateliers d’apprentissage.

« Il y a un décalage entre les discours politiques sur l’alimentation et les difficultés pour les mettre en œuvre »

Mais s’il est ficelé sur le papier, jusqu’au permis de construire, qui a bien été délivré et est consciencieusement accolé au bâtiment, le projet chiffré à 600 000 euros doit encore prendre forme : malgré le soutien de la banque, les subventions pour lesquelles des dossiers ont été déposés, il y a plusieurs mois, peinent à arriver. « Il y a un décalage entre les discours politiques sur l’alimentation et les difficultés pour les mettre en œuvre », analyse la directrice de l’association la Ferme de Carbouey, Marina Galman, qui espère voir les travaux de la conserverie débuter en septembre.

Vaisseau amiral du nom de la ferme où elle va s’installer, l’association devrait concentrer dans cet ancien relais de poste de nombreux projets complémentaires. En plus de la conserverie installée dans le séchoir, le projet prévoit la construction de gîtes, d’habitats partagés, d’un restaurant, d’un espace de bureaux partagés, et de terrains d’expérimentations pour des aspirants maraîchers désireux de travailler en agroécologie. Les premiers apprentis pourraient arriver après l’été.