Karreau, une appli lancée par un jeune agriculteur du Lot-et-Garonne

Au départ, il a vendu au Marché d’intérêt national à Agen, dans quelques grandes surfaces qui mettent en avant les produits locaux. Mais très vite, la place des intermédiaires l’interroge, « y compris quand on ne travaille qu’avec des professionnels », témoigne-t-il. « Ma sœur, qui habite à Paris, a vu mes fraises de Frongrave à plus de 20 euros le kilo chez un distributeur… Je suis très loin de vendre à ce prix ! »

Contact direct

Passé la surprise, il a fallu convaincre, encore, de faire quelques investissements. Mais là où son père n’a pas lâché, c’est sur son mode de commercialisation. Il est coopérateur et n’en changera pas. « C’est le cas de beaucoup, les avantages sont nombreux. Mais je voulais davantage de souplesse. »

Alors, son esprit matheux se met en branle. Mais, c’est toujours entre deux récoltes, deux semailles, deux surveillances de ses serres. Ce qui rend le processus plutôt long… Mettre les producteurs et les distributeurs en contact direct, pour améliorer ses revenus, cela va d’abord prendre la forme d’une plateforme. Le jeune homme fait appel, il y a un an, à un cousin, Sami Jbrane. Ils sont soutenus par le BGE, réseau d’appui aux entrepreneurs. Là, les jeunes hommes affinent leur projet. Et incubent au Campus numérique.

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Pour donner naissance, il y a quelques jours, à une application, Karreau, puisant son nom dans l’espace de vente directe du MIN, qui peut s’utiliser aussi bien sur smartphone que sur un ordinateur classique, « puisque c’est souvent sur ce type de machine que travaillent nos intermédiaires ». Avec un objectif qualité derrière : « que les produits, où que ce soit en France, soient sur les étals en moins de 48 heures ! »

Pour mettre au point cette application, il a fallu un gros travail de terrain, « et lutter contre certaines idées reçues comme un pseudo-retard technologique des agriculteurs, surtout des plus petits ! » Mais le plus long travail a été de trouver un nom… « Beaucoup sont déjà déposés, nous avons fait plein d’essais et il fallait que cela parle à tout le monde : producteurs, intermédiaires et consommateurs… »

L’objectif est aussi qualitatif : que les produits soient sur les étals en moins de 48 heures

Il fallait également régler le problème du transport. Pas question de mobiliser un semi-remorque pour livrer deux palettes de fraises au MIN de Nantes… « Alors, il faut que d’autres producteurs nous emboîtent le pas », encourage le jeune agri-entrepreneur.