Industrie automobile en Gironde : homme et robot, le mariage heureux de l’usine du futur ?

Les robots comme Mir, ou comme les bras-robots KUKA, l’usine de Saint-Médard-en-Jalles en compte des dizaines, 20 exactement. L’installation de ces robots a été lancés en 2015 quand, accompagnée par le conseil régional à hauteur de 1,2 million d’euros de subvention en recherche et développement, sa direction a engagé l’entreprise dans le programme Usine du Futur. « Nous avons investi 17 millions d’euros au total pour robotiser et automatiser cette société », explique Roger Pernat, le président du groupe repreneur en 2014 de l’usine girondine alors baptisée Aquidec.

Un champion de la productivité

Les robot Mir cheminent dans l’usine et transportent, de manière autonome, 80 tonnes de pièces automobiles chaque jour en moyenne.

Les robot Mir cheminent dans l’usine et transportent, de manière autonome, 80 tonnes de pièces automobiles chaque jour en moyenne.

DAVID Thierry / “SUD OUEST”

Une robotisation massive réponse à sa recherche de compétitivité. « Nous avions des contrats, des clients comme PSA, Renault, Ford, Stryke… Qui représentaient de vrais challenges pour notre outil. En 2012 nous n’avions jamais réalisé un pignon de boîte de vitesses. Il y a encore quelques années nous n’avions jamais réalisé un traitement thermique. La robotique nous a permis d’acquérir ces compétences et de répondre à ces demandes ici, en Gironde, tout en restant compétitifs », explique Didier Labrado, directeur du site qui produit 500 000 pièces par an.

Compétitive et rentable l’usine Pernat SMJ l’est devenue indéniablement. Si en 2014 elle réalisait 6,5 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2021 son exercice comptable s’est clôturé à 20 millions d’euros. En 2021 justement, l’usine a décroché le trophée de la productivité et celui de l’usine de l’année de notre confrère “L’Usine Nouvelle”.

L’emploi n’a pas été sacrifié

Une compétitivité qui ne s’est pas faite sur le dos de l’emploi. « Nous étions 31 en 2014. Nous sommes 85 aujourd’hui. Les machines nous ont permis de nous concentrer sur le contrôle de la qualité de nos productions, sur l’innovation. La robotisation nous a permis de faire baisser nos coûts de production de 10 % au moins, elle nous a permis de limiter à 1,5 % notre taux d’absentéisme en réaffectant les salariés sur des tâches valorisantes. Ce taux d’absentéisme qui est faible dans notre secteur montre que la robotique a changé notre industrie. Oubliez Zola, chez nous, seule l’odeur de l’huile et du métal demeurent, la pénibilité d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celle de mes débuts », glisse Roger Pernat, 77 ans.

Il ne reste plus qu’à en convaincre le grand public. Pernat SMJ peine actuellement à recruter cinq collaborateurs. Visiblement l’image des métiers de l’industrie évolue plus lentement que l’outil de production.