Industrialisation : quand la Nouvelle-Aquitaine veut parier sur l’électronique du futur

La crise du Covid et les tensions sanitaires qui perdurent en Asie renforcent l’importance pour la France d’une maîtrise a minima d’une production électronique dans l’Hexagone. Aujourd’hui, environ 200 000 emplois sont mobilisés en France dans ce secteur. Un chiffre qui après avoir connu des décennies de recul au profit de l’explosion du secteur en Asie, traverse une période de reconquête. En Nouvelle-Aquitaine, 300 entreprises du secteur emploient environ 16 000 personnes tout en réalisant au moins un milliard d’euros de chiffre d’affaires annuel.

Dans les ateliers à Martillac, d’EMS Factory qui réalise et livre dans toute l’Europe, des prototypes de cartes électronique en moins de 48 heures.

Dans les ateliers à Martillac, d’EMS Factory qui réalise et livre dans toute l’Europe, des prototypes de cartes électronique en moins de 48 heures.

EMS Factory

Vers l’électronique vertueuse

La région compte des Petites ou moyennes entreprises (PME) et des Entreprises de taille intermédiaire (ETI) majeures comme le fabricant de cartes électronique BMS (Groupe All Circuits) à Mouguerre (Pyrénées-Atlantiques), FEDD (Dordogne) ou encore la société EMS Factory (Gironde), capable de produire et livrer dans des temps record, des prototypes de cartes électroniques pour le compte de grandes marques innovantes. La Nouvelle-Aquitaine bénéficie aussi d’un patrimoine dans l’industrie de l’électronique qui s’est construit autour des activités aéronautiques, spatiales et de défense. À l’image des géants Thalès présente en Gironde, en Corrèze et Vienne, ou encore Serma Groupe, en Gironde et en Charente-Maritime, voire Legrand, acteur mondial des systèmes électriques et électroniques d’information.

Autant de sociétés qui constituent une base solide pour un secteur qui peut faire mieux. En concertation avec la filière, le Conseil régional parie sur une stratégie de l’électronique plus professionnelle que grand public, moins gourmande en énergie et en matières premières : plus vertueuse.

Un campus spécifique à venir

Et c’est pour l’aider à y parvenir que le Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, qui a voté 33,2 et 33,7 millions d’euros d’aides à la filière en 2020 et 2021, vient de réaliser une enquête pour construire sa politique d’accompagnement de la filière. Sa feuille de route vise à faire de la région un territoire d’innovation, d’intégration et d’industrialisation pour toute la filière électronique.

Pour cela la collectivité territoriale entend jouer un rôle moteur pour fédérer le secteur en région. Le Conseil régional s’appuiera sur un conseil d’orientation de l’électronique composé de professionnels pour prioriser ses actions et répondre au besoin d’accompagnement de la filière dans le domaine de la modernisation de la production de type usine du futur, mais aussi d’attractivité des métiers et de formation.

Afin de renforcer voire accélérer l’industrialisation locale du secteur, la Région planche également sur la création d’un Campus pour la maîtrise de l’intégration et de l’industrialisation des technologies électroniques (CMINT). À suivre donc.