Immobilier dans les Landes : en pays de Born, le marché stagne

Déjà presque saturée, la ville de Sanguinet multiplie les chantiers de construction pour répondre à la demande.

Déjà presque saturée, la ville de Sanguinet multiplie les chantiers de construction pour répondre à la demande.

Amandine Briand

En deux ans, les acquéreurs n’ont…

Déjà presque saturée, la ville de Sanguinet multiplie les chantiers de construction pour répondre à la demande.

Déjà presque saturée, la ville de Sanguinet multiplie les chantiers de construction pour répondre à la demande.

Amandine Briand

En deux ans, les acquéreurs n’ont cessé d’affluer sur le secteur, faisant automatiquement grimper les prix, parfois de 20 à 30 % et saturant le marché dans des villes comme Sanguinet, Biscarrosse, Parentis-en-Born ou Mimizan. Pourtant, depuis le début de l’année, et même si la demande reste forte, les ventes mettent plus de temps à aboutir, dans un contexte peu favorable.

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« Entre les taux d’intérêt qui montent, les conditions d’accès aux prêts qui se durcissent et la situation internationale instable, on stagne », constate Medhy Ibrouchene, responsable de l’Agence Immobilière, à Parentis-en-Born. Et, surtout, il y a de moins en moins de biens à vendre.

Stocks épuisés à Biscarrosse

À Sanguinet, où 24 à 48 heures suffisaient pour finaliser une vente en 2021, il faut aujourd’hui compter un à deux mois et les prix restent élevés : environ 400 000 euros pour une maison de 90 m² sur 700 m² de terrain. Parmi les acquéreurs, « beaucoup de retraités qui arrivent de Bretagne, Périgueux ou du côté de Lyon et des citadins, Bordelais ou Parisiens qui achètent des résidences principales ou secondaires, pour la plupart comptant », note Julie Guyard, responsable de l’agence Placimmo Conseil.

« Personne n’aurait investi 1 million d’euros pour un bien à Biscarrosse avant le Covid. Maintenant, ce seuil est dépassé »

À Biscarrosse, dans l’agence de Christophe Rossi, le nombre d’acheteurs a été divisé par deux depuis novembre. « La situation se calme désormais, mais les deux années écoulées ont été marquantes : d’abord parce que l’on a épuisé les stocks de biens à vendre ; et, surtout, parce que des plafonds de verre ont explosé. Personne n’aurait investi 1 million d’euros pour un bien à Biscarrosse avant le Covid et, maintenant, ce seuil est dépassé. »

Marché de report

À Parentis-en-Born, Medhy Ibrouchene assiste lui aussi à ce marché de report et à ses conséquences. « Quand j’ai commencé il y a dix ans, il fallait compter entre 210 000 et 215 000 euros pour une maison de trois chambres sur 600 m² de terrain. Aujourd’hui, c’est entre 320 000 et 350 000 euros. Malheureusement, les jeunes ne peuvent plus acheter ici, alors ils reculent, à Ychoux, Pissos, Gastes, Lüe et parfois jusqu’à Labouheyre, où les prix sont divisés par deux. »

Le centre-ville de Parentis-en-Born attire les acquéreurs, tout comme les abords du lac, où les prix ont fortement augmenté.

Le centre-ville de Parentis-en-Born attire les acquéreurs, tout comme les abords du lac, où les prix ont fortement augmenté.

Amandine Briand

Même chose du côté de Mimizan, où les biens à vendre sont plus rares et où les prix ont augmenté en moyenne de 15 %. Comptez 340 000 euros pour une maison de 90 m². « Les acquéreurs viennent essentiellement de Bordeaux, Toulouse et Paris. Les locaux, eux, se retirent du côté de Saint-Paul-en-Born ou Aureilhan », indique Karine Castaignede, responsable de l’agence Orpi Leray Immo.

Pour son confrère Christophe Rossi, difficile de prévoir jusqu’où les acheteurs se déplaceront. « On est dépendants du flux migratoire : à partir du moment où les gens vendront moins bien dans les grandes villes, ils arriveront moins vite et avec des budgets moins importants. Ce qui est certain, c’est qu’à force de descendre, on finira par atteindre des secteurs comme Dax, où les prix repartent à la hausse ! »

Mont-de-Marsan : les acquéreurs retrouvent une marge de négociation

Nichée au cœur de la forêt landaise, reliée à Bordeaux par le TER et à moins de 100 kilomètres de la côte, Mont-de-Marsan a attiré de nombreux citadins pendant la crise sanitaire. Les prix y ont parfois augmenté de 30 %.

Mais, depuis janvier, le marché stagne : « Les prix restent élevés, mais ne montent plus, la situation est plus tendue du côté des vendeurs et les acquéreurs négocient à nouveau », note Josiane Bourdy, directrice de l’agence Nestenn Immobilier.

Pour elle, impossible de prédire quoi que ce soit tant le contexte est compliqué : « Avec la guerre en Ukraine, les clients se demandent si c’est le moment d’acheter et la période électorale ne crée pas beaucoup d’optimisme. » En attendant, reste à convaincre les vendeurs que les prix, au plus haut il y a peu, devront être revus (un peu) à la baisse.