Immobilier autour du bassin d’Arcachon : l’inflation ne freine pas les ventes

Thomas de Ricaud, notaire : « Ici, l’investissement dans la pierre
reste un placement extrêmement sûr. »

Thomas de Ricaud, notaire : « Ici, l’investissement dans la pierre
reste un placement extrêmement sûr. »

Photo Chambre des notaires de la Gironde

Notaire sur le Bassin – avec des études à Andernos-les-Bains, Audenge et Lanton –, Me Ricaud explique ne pas percevoir, pour le moment, les signes d’une éventuelle crise sur son secteur. « On ne constate pas encore de conséquences directes de la guerre en Ukraine ou de l’inflation. On peut même dire que l’impact psychologique est inverse. Les acquéreurs se disent que c’est le moment ou jamais. Sur le bassin d’Arcachon, l’investissement dans la pierre reste un placement extrêmement sûr. » D’autant qu’un léger recul du volume des ventes pourrait poindre. « On a beau créer de la ville sur la ville en densifiant, démolissant, reconstruisant. Le marché reste tendu… »

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Surenchère

Donnons quelques chiffres actualisés. À Gujan-Mestras, le prix médian des maisons anciennes se situe désormais à 420 000 euros avec une hausse de 16,7 % en un an, à 446 000 euros à La Teste ou encore à 375 000 euros à Lanton. Sur cette dernière commune, Thomas de Ricaud explique qu’à ce prix-là « vous aurez une maison des années 1970 ou 1980 avec des travaux ou un rafraîchissement important ».

Fin 2021, les prix dans l’ancien sur le Bassin étaient en hausse de 9,7 % pour les maisons

« Il faut grimper à 700 000 euros ou même à 900 000 euros à Andernos pour un bien prêt à vivre et au goût du jour. » Réservées à une clientèle fortunée, les villes d’Arcachon et du Cap-Ferret ne se laissent séduire qu’avec, en moyenne, un budget de 718 700 euros pour la première et 949 300 euros pour la seconde. « De façon générale, nous avons énormément de demandes de clients venus de la France entière et une raréfaction des biens. D’où une certaine surenchère », assure le notaire.

Report à Arès ou Andernos

Et forcément, les primo-accédants sont des espèces rares dans son étude, relégués dans la deuxième couronne, du côté de Marcheprime ou du Porge notamment. « Ils ont moins de capacité financière et se dirigent vers des communes moins onéreuses, qui, pour autant, ont vu l’immobilier s’envoler ces cinq dernières années. »

Même chez les budgets les plus élevés, le report est souvent la norme sur le Bassin. « Ils rêvent du Cap-Ferret mais leur budget les oblige à chercher du côté d’Arès ou d’Andernos. » Si l’on reste sur Andernos, on constate un dynamisme insolent et une hausse des prix de l’immobilier de quasiment 20 % en douze mois !

La ville avec la plus longue jetée du Bassin est, par exemple, prisée par des Bordelais faisant de leur maison de bord de mer une résidence principale. « Ils peuvent télétravailler, se déplacer en ville ou à Paris deux jours par semaine… Et, surtout, ils trouvent une commune avec des commerces et des services à l’année. » Ainsi, alors que l’on pouvait se payer une « première ligne » pour 800 000 euros au milieu des années 2010, ce même bien s’envole aujourd’hui à 1,5 million.

Sources des chiffres : Chambre des notaires de la Gironde (février 2022).