Immobilier au Pays basque : elle ne quittera pas sa location de juin à septembre à Anglet, car c’est son droit

Sans le savoir, Estitxu a paraphé un bail étudiant. Or elle est salariée, donc n’entre pas dans ce cadre. C’est avec le soutien de l’association Alda que l’infirmière a pu faire valoir son droit à rester chez elle, en continu. Aujourd’hui, elle se dit soulagée de ne pas être confrontée à la recherche d’un hébergement en saison estivale, alors qu’elle travaille à Bayonne. Elle a largement partagé son expérience sur les réseaux, afin d’informer les personnes qui sont dans le même cas qu’elle, car signer un bail de location meublée ne signifie pas être sommé de partir de son chez-soi, l’été.


Alda, un rempart

Estitxu est loin d’être un cas isolé au Pays basque, notamment sur le BAB où la demande de locations à l’année est pléthore, et l’offre bien maigre, avec la mention régulière « loue de septembre à juin ». Sur le volet des baux frauduleux, Txetx Etcheverry, porte-parole d’Alda, salue ironiquement la créativité de certains, comme cette agence qui « a rédigé un bail de 9 mois, en déclarant le locataire en résidence secondaire », ou encore un propriétaire qui demandait la rédaction « d’une lettre de préavis de départ à la signature d’un bail sur 12 mois ».

Des propriétaires violent massivement la loi et croient qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent avec la crise du logement

« Des propriétaires violent massivement la loi et croient qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent avec la crise du logement », pointe Txetx Etcheverry. Alda se veut un rempart à ces usages peu regardants. Estitxu confirme l’importance d’avoir rencontré ce collectif qui défend le droit au logement, sans qui elle n’aurait pas osé faire valoir ses prérogatives. « Je n’ai jamais été en contact direct avec mon propriétaire », souligne-t-elle, Alda ayant pris en charge son dossier, des premiers conseils aux démarches administratives.

200 familles par jour

Depuis sa création en octobre 2020, Alda ferraille dur. « On voit environ 200 familles par jour et 85 % pour des problèmes d’habitat », compte Txetx Etcheverry. « Il y a de tout : des appartements insalubres, des demandes de logements sociaux sans suite… »

Concernant les baux frauduleux, l’association en a déjà fait requalifier une vingtaine. Elle a d’ailleurs dégagé 4 personnes pour gérer ces dossiers, s’attendant à une recrudescence de demandes, notamment à l’orée de l’été. « On s’appuie sur le droit et on veut le faire respecter. Quand c’est possible, on règle la situation à l’amiable. »

Dans le cas d’Estitxu, le propriétaire s’est rangé à l’obligation de transformer le bail étudiant de départ en bail de 12 mois reconductible. Il a cependant fait valoir que son fils reprendrait l’appartement en septembre. C’est son droit. Mais Alda veillera à la véracité de cette reprise.