Hauts revenus : à Bouliac en Gironde, les haies de lauriers cachent de vastes demeures

Dans le dernier-né des lotissements, la végétation n’a pas encore totalement mis à l’abri des regards indiscrets les imposantes constructions.

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Fabien Cottereau / SUD OUEST

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Il suffit de grimper la côte après avoir salué la gendarmerie pour se rendre compte desdites vagues. Le long de l’avenue de la Belle Étoile, se déclinent des lotissements cossus, par époque. L’un des plus anciens (années 70) est celui de l’Epsom. Ici, le curieux se cogne le nez au portail fermé et aux panneaux d’interdiction d’entrer derrière lesquels il entrevoit des maisons aux pelouses tondues de près, ouvertes sur la rue, « à l’américaine ». On se croirait à Wisteria Lane et on se prend à imaginer une des « desesperate housewives », sécateur à la main, devant ses rosiers. « Ici, ils ont une salle des fêtes et une piscine », souffle un indiscret. On n’en verra pas plus, même en empruntant le petit chemin le long de l’enceinte végétale infranchissable.

De l’art de cultiver son jardin

On revient à la Belle Étoile et on tombe sur les Pelouses d’Ascot. Pas de portail à l’entrée du lotissement mais un panneau d’avertissement : « propriété privée ». Les haies de lauriers ou de sapinettes -selon l’âge du propriétaire ou de la maison- se succèdent. Pas une feuille ne dépasse. Les habitants rivalisent de compositions florales et végétales. Florence est arrivée il y a 7 ans avec son époux et ses filles. « Nous avions une propriété viticole à Créon. Mon mari allait être à la retraite et les filles étudiantes voulaient se rapprocher de Bordeaux. On a vendu Créon et on a acheté à Bouliac : pour l’espace, le calme et la nature. En quinze minutes, on est à Bordeaux », avec une maison de plus de 200 m²… Florence taille la haie. Opère-t-elle aussi sur les magnifiques bosquets du lotissement ? « Non, notre association de propriétaires paie un jardinier… »

Dans certains de ces lotissements cossus, l’entretien de la végétation est l’affaire des propriétaires qui ont mandaté un jardinier professionnel.

Dans certains de ces lotissements cossus, l’entretien de la végétation est l’affaire des propriétaires qui ont mandaté un jardinier professionnel.

Fabien Cottereau / “SUD OUEST”

On reprend l’avenue. Une Porsche passe tandis que les Fiat et Mini décapotables se bousculent. Les écoliers rentrent casqués sur leur vélo empruntant la piste sécurisée. On arrive au Domaine d’Amanieu. Le plus récent. Les lauriers n’ont pas encore eu le temps de pointer leurs feuilles. On ose les cubes blancs et les portails alu. La taille des parcelles ne dépasse pas le millier de m². Le prix du foncier a augmenté mais reste encore bon marché. La taxe foncière, une des plus basses de la Métropole, a elle aussi grimpé. Mais Bouliac reste un écrin convoité. Ici, la question du pouvoir d’achat n’est pas vraiment un sujet.