Guerre en Ukraine : Tchernobyl de nouveau sous surveillance

Ce 28 avril, Rafael Mariano Grossi, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), devrait tenir une conférence de presse au siège de l’Agence, à Vienne, en Autriche. Objet : la situation sur le site de Tchernobyl, au nord de l’Ukraine, où il a passé la journée de mardi en compagnie d’un aréopage d’experts de la sûreté nucléaire. Sa visite s’est déroulée 36 ans jour pour…

Ce 28 avril, Rafael Mariano Grossi, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), devrait tenir une conférence de presse au siège de l’Agence, à Vienne, en Autriche. Objet : la situation sur le site de Tchernobyl, au nord de l’Ukraine, où il a passé la journée de mardi en compagnie d’un aréopage d’experts de la sûreté nucléaire. Sa visite s’est déroulée 36 ans jour pour jour après l’explosion du réacteur n° 4, l’accident le plus grave de l’histoire du nucléaire civil. L’équipe de l’AIEA apportait dans ses bagages de quoi évaluer le niveau de radiations et restaurer la surveillance permanente de l’ancienne centrale soviétique.

Le flux des données qui parvient en temps normal à l’AIEA s’est interrompu en raison des mouvements de l’armée russe. Les communications et l’électricité ont été sporadiquement coupées. Les militaires russes ont pris la main sur l’installation le 24 février, au tout début de l’invasion. Ils l’ont quittée à la fin du mois de mars. Le sarcophage qui recouvre les restes du réacteur n° 4 n’est apparemment pas dégradé.

2 – Le site n’est pas susceptible d’exploser

Si prononcer le nom Tchernobyl fait ressurgir le péril nucléaire dans l’esprit du grand public, la centrale ne suscite pas plus de craintes que les réacteurs ukrainiens en fonctionnement, bien au contraire. Les trois tranches restées intègres après l’accident de 1986 ont été définitivement arrêtées entre 1991 et 2000. Les bâtiments n’abritent rien qui puisse provoquer une explosion nucléaire. Le combustible en a été ôté. Les assemblages d’uranium, au nombre de vingt mille, ont été entreposés dans une piscine où leur radioactivité décroît depuis au moins deux décennies.

Comme tout équipement de ce genre, la piscine doit être alimentée sans interruption par une source froide pour éviter que la puissance rémanente du combustible usé n’élève la température de l’eau. Mais, selon les simulations, l’arrêt du circuit de refroidissement ne risquerait pas de se solder par un accident majeur. Quant au réacteur n° 4, dont le cœur fondu est mêlé aux gravats, il n’a pas besoin d’être refroidi.

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Trente-cinq ans après la catastrophe, les débris du réacteur n° 4 continuent à inquiéter. Selon des scientifiques ukrainiens, des réactions nucléaires incontrôlées ne sont pas à exclure. Mais le scénario d’une nouvelle catastrophe n’est pas à l’ordre du jour

3 – Sept réacteurs fournissent le réseau électrique

Rafael Mariano Grossi communiquera aussi le bulletin de santé des réacteurs en fonctionnement dans le pays. Il y en a sept sur un parc opérationnel de quinze tranches, répartis sur quatre centrales distinctes. Les inquiétudes ne sont pas levées. Ils sont chargés en combustible nucléaire et tout arrêt de l’alimentation électrique, et a fortiori tout dommage de guerre, pourrait entraîner de fâcheuses conséquences. On a frôlé le pire début mars à la centrale de Zaporojie, la plus puissante d’Europe, quand des tirs russes ont provoqué un incendie dans un bâtiment annexe.

Érigée au sud-est du pays, Zaporojie est encore sous contrôle russe. Deux de ses six réacteurs sont connectés au réseau. Les autres sont opérés par les Ukrainiens, en dehors des zones de combat : deux à Ukraine Sud, deux à Rivne et un à Khmelnitski, à l’ouest du territoire.