Guerre en Ukraine. L’ONU veut éviter « un ouragan de famines »

Un champ de blé en Ukraine en mai 2022. Le pays est, avec la Russie, un grenier à céréales dont dépendent des centaines de millions de personnes en Afrique et au Moyen-Orient.

Un champ de blé en Ukraine en mai 2022. Le pays est, avec la Russie, un grenier à céréales dont dépendent des centaines de millions de personnes en Afrique et au Moyen-Orient.

GENYA SAVILOV/AFP

Et c’est en porte-parole d’une Afrique inquiète que le président sénégalais Macky Sall – qui assure aussi la présidence des 54 États de l’Union africaine (UA) – s’est rendu à Sotchi, la résidence de Vladimir Poutine proche de la mer Noire, pour demander au chef du Kremlin de permettre la réouverture des ports ukrainiens où dorment des millions de tonnes de blé. « Vous devez prendre conscience que nos pays sont des victimes de cette crise au plan économique », a-t-il dit au président russe.

Des Africains alliés de Moscou

Le président sénégalais a un atout : la plupart des pays africains se sont abstenus de condamner ouvertement l’invasion russe. Et nombre d’entre eux sont des alliés de la Russie. Dans la réponse publique qu’il a faite à Macky Sall, le président russe n’a pas directement réagi sur la question céréalière, rappelant simplement le « développement des relations russo-africaines » et que l’URSS avait soutenu la lutte des Africains « contre la colonisation ».

Sur le fond, la Russie renvoie la balle à ceux qui l’accusent d’empêcher les exportations de céréales (blé, maïs, graines de tournesol) mais aussi d’engrais : si les ports sont bloqués, c’est, explique-t-elle, parce que les Ukrainiens ont miné les abords des ports. Et parce que ses propres exportations de céréales pâtissent des sanctions occidentales. Ce dernier argument a été repris par le président du Sénégal, qui convient que ces sanctions contre Moscou ont « aggravé » les tensions alimentaires.

L’ONU fait le forcing

Pendant ce temps, les Nations unies s’activent en coulisse pour tenter de débloquer la situation. Menées par le secrétaire général adjoint chargé des affaires humanitaires, Martin Griffiths, les négociations sont pour l’instant improductives, mais l’ONU mise sur le fait que Moscou hésiterait à pénaliser trop longtemps « ses alliés au Sud ». En début de semaine, Poutine a d’ailleurs fait savoir qu’il était prêt à travailler avec la Turquie pour ouvrir des corridors maritimes et faire sortir les céréales, y compris celles provenant de ports ukrainiens.