Guerre en Ukraine : l’exécutif s’engage à « accompagner » les entreprises face aux conséquences de la crise

Le ministre de l’économie Bruno Le Maire, à Paris, le 2 mars 2022. Le ministre de l’économie Bruno Le Maire, à Paris, le 2 mars 2022.

Loin d’appeler les entreprises françaises à rompre leurs liens avec leurs partenaires commerciaux ou leurs fournisseurs russes, l’exécutif va les « accompagner au mieux » pour aplanir les difficultés qui ne vont pas manquer de surgir avec le conflit. Notamment celles d’approvisionnement, les perturbations logistiques, la hausse des prix de l’énergie ou des intrants, et celles plus techniques liées aux paiements.

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Deux réunions se sont tenues en ce sens, mardi 2 et mercredi 3 mars, la première au ministère des affaires étrangères, autour de Franck Riester, le ministre du commerce extérieur, et la seconde à Bercy autour d’Agnès Pannier-Runacher. La ministre de l’industrie a d’abord reçu les représentants de quatre filières particulièrement exposées – l’automobile, l’aéronautique, les mines et la métallurgie, l’agroalimentaire – avant d’élargir la réunion aux 19 filières industrielles françaises. « On mesure les conséquences potentielles que le conflit peut avoir sur les entreprises qui ont des intérêts en Russie, en Ukraine, ou avec la Russie, ou avec l’Ukraine », a déclaré Franck Riester à l’issue de la réunion de mardi.

« Un volume d’affaires modeste »

Mais pas question pour l’heure de rééditer la politique du « quoi qu’il en coûte », en déployant d’emblée des aides financières pour soutenir les entreprises en difficulté. « Le sujet ne se pose pas du tout dans les mêmes termes qu’avec le Covid-19 », souligne-t-on à Bercy, en rappelant que le premier confinement, il y a deux ans de cela, avait abouti à « mettre à l’arrêt » l’essentiel de l’économie du pays. Rien de tel aujourd’hui. « La crise concerne un pays, la Russie, avec lequel on avait un volume d’affaires relativement modeste », ajoute-t-on à Bercy.

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En 2021 en effet, la Russie ne représentait que 1,3 % des exportations tricolores (6,4 milliards d’euros) et moins de 2 % de ses importations (9,74 milliards d’euros). Environ 500 entreprises françaises sont implantées localement, dont 35 grandes entreprises et un tissu de PME et d’ETI, représentant environ 20 milliards d’investissements au total, et leurs équipes sur place sont très largement composées de personnel local. L’idée est donc de bâtir un dispositif « d’accompagnement » qui pourrait toutefois évoluer à moyen terme. Des travaux ont démarré au niveau européen sous la houlette de Bruno Le Maire, qui pourraient déboucher sur des aides ciblées vers « les entreprises les plus fragiles, les plus exposées au prix du gaz et les plus exposées à la concurrence internationale », et prendre la forme d’aides d’Etat ou de prêts.

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