Guerre en Ukraine : face à la flambée des prix de l’énergie, l’exécutif confronté au spectre d’un nouveau « quoi qu’il en coûte »

Bruno Le Maire quitte l’Elysée, le 9 mars 2022.

« Le “quoi qu’il en coûte”, c’est fini. » Fin août 2021, devant les chefs d’entreprise réunis par le Medef, le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, annonçait la fin de cette politique de soutien massif déployée par les pouvoirs publics au pire de la crise liée au Covid-19 pour éviter l’effondrement de l’économie. Un message qu’il n’a cessé de porter depuis, à chaque nouvel imprévu, redémarrage du virus ou pic d’inflation. Six mois plus tard, le voilà de nouveau sur les ondes pour prévenir les Français : il n’y aura pas de nouveau « quoi qu’il en coûte », même si la guerre en Ukraine fait flamber les prix de l’énergie et place une partie des ménages dans une situation difficile.

« J’entends parfaitement ceux qui me disent [qu’]il faut refaire un deuxième “quoi qu’il en coûte”, mais je leur dis non, ce n’est pas la bonne réponse », a-t-il répété, mercredi 9 mars, à Bercy, à l’occasion d’une conférence sur l’indépendance énergétique, devant des responsables politiques, des patrons, des spécialistes de l’énergie et des économistes. Motif : « Cela ne ferait qu’alimenter l’augmentation des prix et l’inflation » qui frappent déjà le pays. En clair, cela reviendrait à « jeter de l’essence sur un incendie » et « aggraverait un choc inflationniste », a-t-il fait valoir, comparant la situation à celle du choc pétrolier de 1973. La réponse apportée par les pouvoirs publics avait alors, dit-il, conduit les banques centrales « à augmenter massivement les taux, ce qui avait tué la croissance. Cela porte un nom, la stagflation. C’est précisément ce que nous ne voulons pas revivre en 2022 ».

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Pourtant, le redémarrage de l’inflation depuis la fin de l’été, brutalement aggravée par la crise ukrainienne, a poussé le ministère des finances à desserrer les cordons de la bourse bien plus massivement qu’il ne l’avait imaginé. En six mois, l’exécutif a été contraint de multiplier les chèques pour soutenir les ménages : gel du prix du gaz, « bouclier » plafonnant la hausse de l’électricité, chèque inflation pour le carburant, chèque énergie pour le chauffage, relèvement du barème kilométrique pour les automobilistes…

La facture n’a cessé de grimper pour approcher désormais les 25 milliards d’euros, auxquels il faut ajouter une contribution d’EDF évaluée à 8 milliards d’euros. Et elle devrait continuer à augmenter, a averti Bercy. « C’est massif, massif, massif. Simplement, les hausses sont spectaculaires », a admis Emmanuel Macron, lors d’un déplacement à Poissy (Yvelines), lundi 7 mars, en dressant la liste des annonces. « Sur les prix de l’énergie, le président n’a pas attendu le candidat », a-t-il ironisé.

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