Guerre en Ukraine : à Clairac, l’entreprise Vermande subit aussi les affres du conflit

« C’est mon grand-père paternel qui a fondé Vermande en 1954. C’était plutôt un forgeron : il achetait du matériel agricole qu’il revendait. Mes parents ont rapidement repris la société. Dans les années 2000, mon frère et moi-même on s’est dit qu’on allait plutôt se focaliser sur les enjambeurs (1) », a énuméré l’homme.

Fou de robots

Son frère Arnaud est fou de robots, et s’en est doté dès 2008. L’extension de l’usine, spécialisée dans le laser, est arrivée il y a un an et demi avec des machines allemandes dernière génération qui peuvent rentrer jusqu’à 700 tonnes d’acier. « On réussit à récupérer les pièces coupées directement au bout. »

Le duo a investi plusieurs millions pour ces équipements dernier cri, grâce aussi à une subvention de près de 170 000 euros dans le cadre de France Relance. « On est leaders dans le monde mais, en même temps, nous ne sommes que cinq sur ce secteur », minimise Renaud Vermande qui travaille beaucoup pour Dalby et les voisins. « On ne cherche pas de sous-traitance », précise toutefois le directeur.

Le site du Vaqué à Clairac.

Le site du Vaqué à Clairac.

C. C.

Tout n’est pas rose au Vaqué, puisque l’entreprise fait face à des soucis d’approvisionnement. « Est-ce le Covid ou la guerre ? Honnêtement, on ne sait pas, mais pour tous les composants, c’est compliqué en ce moment, même pour un boulon c’est long ! Sauf que la castration du maïs qui commence normalement au 15 juillet est avancée cette année à fin juin pour des clients qui, eux, ne patientent pas, en France ou à l’export. »

Collaborant avec les plus grands semenciers mondiaux, les frères ont par ailleurs longtemps craint des répercussions du conflit ukrainien en raison d’une importante annulation de commandes des marchés russe ou ukrainien, mais « finalement, les marchés ne sont pas bloqués. On a même deux machines qui y partent ce jour », explique Renaud Vermande.

Brésil impénétrable

Certaines sont cependant en attente de paiement. « On les prend en otage ici, c’est malheureux mais nous savons que si elles s’en vont, on ne les reverra jamais. »

L’autre épine dans le pied du chef d’entreprise : le marché brésilien qui pose problème. « Nous avons rencontré un seul client et il avait 70 000 hectares de maïs à castrer, quand on sait que la France représente 90 000 hectares ! Le marché est monumental mais nous n’arrivons pas à le pénétrer. Ils aiment les machines américaines. Pourtant, on est moins cher », s’étonne encore l’intéressé.

En temps normal, la société fabrique plus de 100 machines par an. Cette année, ce sera plutôt 82.

En temps normal, la société fabrique plus de 100 machines par an. Cette année, ce sera plutôt 82.

C. C.

En temps normal, la société fabrique plus de 100 machines par an. Cette année, ce sera plutôt 82.