Grogne contre la hausse du prix des carburants en Gironde : de nouvelles actions prévues lundi 4 avril

Pas d’opération escargot au menu dans la région, mais des mesures « plus bloquantes », prévient Marc Plantivaux…

Pas d’opération escargot au menu dans la région, mais des mesures « plus bloquantes », prévient Marc Plantivaux, à la tête du collectif Colère des transporteurs de Nouvelle-Aquitaine et gérant de la société Transnew Aquitaine. En gardant la surprise…

Plus aucun camion-citerne n’est entré ni sorti du dépôt de Bassens, mercredi après-midi.

Plus aucun camion-citerne n’est entré ni sorti du dépôt de Bassens, mercredi après-midi.

Fabien Cottereau / « SUD OUEST »

Depuis la première manifestation le 19 mars, le mouvement de protestation contre la hausse du prix du carburant ne cesse de prendre de l’ampleur. Lancé par les transporteurs insatisfaits des aides annoncées par le gouvernement, il a été rejoint par les taxis et quelques auto-écoles ce mercredi matin. Ensemble, ils ont conduit une vaste opération escargot au départ de Bassens et sur la rocade extérieure.

En début d’après-midi, une vingtaine d’agriculteurs et de viticulteurs se sont aussi greffés au cortège, à la surprise des autorités, pour bloquer les accès au dépôt principal des Docks des pétroles d’Ambès (DPA), à Bassens. « On est solidaires », ont-ils expliqué, bien décidés à rester sur place, laissant même entendre qu’ils étaient prêts à générer des pénuries pour se faire entendre. Ils ont finalement levé le camp en fin de journée.

« On est pendus »

« On veut du gasoil au prix normal comme l’an dernier », peste Jean-Michel, viticulteur, porte-parole improvisé de l’opération. « On nous interdit tous les désherbants, il faut davantage travailler le sol, il faut embaucher, alors l’augmentation du GNR (gazole non routier, NDLR), c’est la goutte d’eau… »

Une centaine de taxis, des transporteurs et des auto-écoles ont roulé au pas sur la rocade au départ de Bassens mercredi matin.

Une centaine de taxis, des transporteurs et des auto-écoles ont roulé au pas sur la rocade au départ de Bassens mercredi matin.

Laurent Theillet / « SUD OUEST »

Quant aux taxis, « ce sont des artisans, la situation n’est plus tenable », clame Éric Roulière-Laumonier, vice-président du Syndicat des taxis de la métropole et de la Gironde (STCG). « Les gens ne le savent pas assez, mais nous faisons du transport médical à Bordeaux. Pour cela, la Caisse primaire d’assurance-maladie nous impose une remise de 16,6 %. Additionnée à la hausse du prix des carburants, on est pendus ! »

« Nous avons été reçus et écoutés, certes, mais l’administration est trop lente. On met la pression jusqu’à ce que Paris se réveille »

Lui et ses collègues réclament l’abaissement de la TVA de 10 % à 5,5 % et une indexation sur le prix de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) pour tous.

« Premier grondement »

Quelques auto-écoles sont aussi venues grossir les rangs ce mercredi. « C’est un premier grondement », prévient Sandra Carasco, de l’Union nationale des indépendants de la conduite (Unic). « Nous ne faisons pas partie des professionnels qui vont bénéficier des aides de l’État annoncées alors que nous passons nous aussi nos journées sur la route… »