Grippe aviaire en Lot-et-Garonne : « On reviendra et on sera moins gentils s’il faut », préviennent les éleveurs de la CR 47

L’omelette a été évitée. Les œufs sont restés dans les cartons. Les agriculteurs en avaient disposé le long du grillage de la DDETSPP à Agen. C’est sous l’acronyme de cette administration que se gère la grippe aviaire. Très mal selon la Coordination rurale qui a mobilisé ses troupes devant cet immeuble agenais ce vendredi 20 mai. Une cinquantaine d’exploitants est venue. Une délégation…

L’omelette a été évitée. Les œufs sont restés dans les cartons. Les agriculteurs en avaient disposé le long du grillage de la DDETSPP à Agen. C’est sous l’acronyme de cette administration que se gère la grippe aviaire. Très mal selon la Coordination rurale qui a mobilisé ses troupes devant cet immeuble agenais ce vendredi 20 mai. Une cinquantaine d’exploitants est venue. Une délégation conduite par Aurélie Mella et le président Béteille a été reçue par la directrice.

L’échange a duré plus d’une heure. Il y a été question des revendications exprimées dans un communiqué pondu l’avant-veille. Une merveille de synthèse de tous les maux qui frappent les producteurs de volailles et de canards du département où 21 foyers sont identifiés. Dans la soirée du jeudi 19, les services de l’État avaient tenté d’atténuer la marche des éleveurs en rayant de la carte les zones réglementées supplémentaires. Ces ZRS matérialisaient une extension à 20 km des périmètres de sécurité autour des foyers d’infection.

Les manifestantes sont arrivées à l’heure du café

Les manifestantes sont arrivées à l’heure du café

Loïc Déquier/SUD OUEST

« Deux ont toutefois été maintenues autour des plus récents », a rapporté Pascal Béteille au sortir de l’entrevue. Une entrevue dont les participants ont rendu compte à des camarades pris dans une colère exaspérée. « On ne veut plus de claustration », s’écriera celui-ci. Entre une suspicion de salmonelle et la grippe, cette dame n’a plus d’animaux dans sa ferme depuis la fin de l’année dernière. Les aides lui ont été coupées, sans ménagement. « Déjà avec la salmonelle en 2021, on a abattu pour rien. Aujourd’hui, nous n’avons plus aucune de nos 24 000 poules pondeuses en bio, se désole l’agricultrice. Avec la fin du soutien financier, l’administration nous a expliqué qu’il fallait se débrouiller. Nous avons dû licencier notre salariée. »

Et si nous ne pouvons plus produire, alors il faudra importer de la viande de pays qui eux, bien sûr, ne sont pas soumis aux mêmes contraintes

Réunion mercredi

La crainte de voir son exploitation se vider, celui-ci l’exprimera de façon déchirante. « Et si nous ne pouvons plus produire, alors il faudra importer de la viande de pays qui eux, bien sûr, ne sont pas soumis aux mêmes contraintes », redoute Aurélie Mella. « Nous sommes au jour près. Nous sommes très mal informés et cela a des répercussions sur l’activité. Que doit-on répondre au couvoir quand il appelle pour savoir s’il peut nous livrer ? », poursuit l’élue qui a blâmé l’administration pour ses lenteurs.

Une banderole devant la Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations à Agen

Une banderole devant la Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations à Agen

Loïc Déquier/SUD OUEST

« Ils avaient huit jours pour faire des contrôles, mais ils n’ont pas pu les faire. Par manque de temps ou de personnel, on ne sait pas. Mais nous, nous n’avons plus de temps. C’est maintenant qu’il faut commencer à travailler les volailles festives et le canard pour les fêtes de fin d’année ». Selon toute vraisemblance, les producteurs vont pouvoir rentrer des animaux la semaine prochaine. La levée des zones va se faire au cas par cas et les nombreux frais vétérinaires liés à l’épidémie compensés.