Grippe aviaire en Dordogne : suspicion de nouveaux cas, un gaveur dans l’attente

« Peu importe » l’heure à laquelle tombera le couperet : Olivier Palencher ne se fait guère d’illusion sur l’avenir des 2 000 animaux placés en gavage dans son exploitation vernoise. « Au vu des difficultés que présentaient les palmipèdes pour boire et manger ce lundi matin, il y a fort à penser qu’ils ont été frappés par le virus de la grippe aviaire », pronostique le professionnel.

Gaveur de canards et d’oies à Vergt, Olivier Palencher retient son souffle en ce lundi 4 avril.

Gaveur de canards et d’oies à Vergt, Olivier Palencher retient son souffle en ce lundi 4 avril.

archives Vincent Lacoste

Animaux asymptomatiques ?

Le dernier lot de canards et d’oies prêts à gaver admis en salle de gavage le 24 mars comportait-il des animaux asymptomatiques ? Olivier Palencher ne voit guère d’autre scénario susceptible d’expliquer la présence de la grippe aviaire dans sa salle de gavage. « Par définition, les palmipèdes en gavage ne sont pas en contact avec les migrateurs responsables de la propagation de la grippe », explique le gaveur, qui se gardera bien de vouloir chercher un coupable à tout ça.

L’épée de Damoclès planait au-dessus de la filière depuis trop longtemps. « La situation est catastrophique depuis plusieurs mois en Vendée, dans les Deux-Sèvres ou encore dans les Landes, rappelle Olivier Palencher. On savait bien qu’un jour ou l’autre, la Dordogne serait touchée à son tour. C’était pour ainsi dire inéluctable. »

« Un crève-cœur »

Fataliste, l’exploitant agricole s’attend à voir débarquer les services vétérinaires dans son bâtiment ce lundi soir ou mardi 5 avril. « Je ferai en sorte de ne pas être là. Vous ne pouvez pas imaginer à quel point c’est un crève-cœur de voir les animaux abattus et jetés dans une benne destinée à l’équarrissage », confie-t-il.

L’épreuve sera d’autant plus difficile à supporter qu’elle sera double. Outre la salle de gavage installée à Vergt, l’agriculteur possède deux autres bâtiments à Cendrieux, tous situés à moins d’1 kilomètre des deux foyers de contamination. « J’ai 2 000 animaux là-bas, a priori tous sains. Ils vont quand même être abattus par les services vétérinaires conformément au règlement en vigueur dans le cadre de la lutte contre la propagation de la grippe », déplore Olivier Palencher.