Grand Port maritime de La Rochelle : la campagne céréalière se referme sur un bilan moyen

Avec un bilan à 1,8 million de tonnes, le groupe Soufflet subit lui aussi les effets des « retards de la récolte 2021, des encombrements et des attentes de chargement », ces écueils présentés par son directeur général, Jean-François Lépy.

Ces dirigeants dressaient ce bilan vendredi 17 juin lors de la conférence de presse de la traditionnelle bourse maritime agricole, un rendez-vous d’affaires organisé à la Pallice. L’affluence de cette septième édition (350 inscrits) dit à la fois le plaisir des retrouvailles après deux années de mise entre parenthèses sanitaire et souligne tout aussi sûrement les incertitudes que le contexte géopolitique – et notamment la guerre en Ukraine – fait peser sur la sécurité alimentaire. « Un sujet dont le public découvre les problématiques depuis quelques semaines, mais cela fait des années que la profession essaie d’aviser les politiques de l’importance de produire et de l’impérieuse nécessité d’exporter », souligne Vincent Poudevigne.

Le prix des céréales

« La volatilité des cours fragilise le consommateur, l’agriculteur et du coup nous aurons des visions à court terme, souligne Jean-François Lépy. Pour les opérations de commerce, il faudra être réactifs. » L’incertitude naît notamment du conflit en Ukraine. Cette guerre a d’ores et déjà eu deux impacts sur les exportations au départ de La Rochelle. « Des destinations sont revenues charger ici », précise le patron de Sica Atlantique qui cite le Yémen. Autre conséquence : les chargements de maïs au départ de la Pallice et vers l’Europe du nord ont augmenté.

2,4 millions de tonnes sont sorties des silos du groupe Sica Atlantique depuis l’été 2021, 1,8 million de ceux du groupe Soufflet.

2,4 millions de tonnes sont sorties des silos du groupe Sica Atlantique depuis l’été 2021, 1,8 million de ceux du groupe Soufflet.

Xavier Léoty

Les céréales ne sortent pas d’Ukraine où seulement 19 % des surfaces de 2021 ont été ensemencées l’hiver dernier. Ce n’est pas pour autant que les exportateurs français imaginent tirer par voie de conséquence profit de la situation. Sur le marché mondial, les céréales françaises entrent en effet en concurrence avec les produits états-uniens, canadiens, Nord européen, etc.

Le cours des engrais

Ce conflit a aussi fait craindre le manque de fertilisants disponibles sur le marché. Atena, l’importateur d’engrais rochelais, a diversifié ses approvisionnements, en provenance d’Égypte et d’Algérie. Pas d’effet s’agissant des volumes ; le prix des engrais, en revanche, a été multiplié par quatre ! Tant que les cours des céréales restent élevés, il n’y a pas d’incidence. « Ça coincera le jour où ce prix baissera », explique le directeur général d’Atena, Sébastien Hamon.