Golfech : une suspicion conduit la centrale nucléaire à prolonger de six mois l’arrêt d’un réacteur

La corrosion sous contrainte « est un mode de corrosion assez répandu dans l’industrie conventionnelle (hors nucléaire) qui se caractérise par la fissuration d’un matériau au contact d’un environnement chimique », détaille l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire). « Cette dégradation conduit à l’amorçage d’une ou plusieurs fissures, puis à leur propagation au sein du matériau. »

« Rare et pernicieux »

Décrit comme un phénomène « rare et pernicieux » dans l’industrie nucléaire, car décelable qu’une fois « la fissuration amorcée », ce type de corrosion n’a, à ce jour, pas été formellement identifié au sein du circuit auxiliaire du réacteur numéro 1 de Golfech. « Il est prématuré d’évoquer des fissures », confirme Romain Philippeau, responsable de communication au sein de la centrale nucléaire. À ce stade, il est question « d’indications », pour reprendre le jargon employé, relevées au niveau des éléments en acier oxydable du circuit auxiliaire durant la visite décennale que subit l’unité 1 depuis la fin du mois de février. Visite qui, rappelons-le, est censée garantir l’exploitation du réacteur pour dix années supplémentaires.

Or, ces « indications » – comprendre des suspicions – doivent être interprétées selon « une expertise métallurgique approfondie », afin de valider ou non s’il y a bien de la corrosion et, si oui, quelle en est la cause. Conséquence : l’arrêt du réacteur qui aurait dû être reconnecté au réseau au mois d’août va être prolongé de six mois. Un délai qui ne correspond pas forcément ni au temps d’intervention ni à un éventuel délai pour changer la tuyauterie, indique-t-on à la centrale, mais qui répond à une nécessité de planification eu égard à la production d’électricité et à sa distribution sur le réseau.

C’est au cours de la 3e visite décennale du réacteur numéro 1 que des « indications » ont été décelées.

C’est au cours de la 3e visite décennale du réacteur numéro 1 que des « indications » ont été décelées.

Loïc Déquier/ « SUD OUEST »

Ce phénomène de corrosion sous contrainte ayant été mis en évidence en décembre 2021 sur les lignes du circuit d’injection de sécurité (RIS) du réacteur n° 1 de Civaux (20 ans d’exploitation, soit 10 ans de moins qu’à Golfech) puis sur d’autres réacteurs dans la foulée, EDF s’emploie à mesurer l’étendue du phénomène et à procéder aux réparations nécessaires.

La production d’électricité n’a jamais été aussi faible en France, depuis l’apparition de ce problème