Gironde : neuf candidats aux législatives passent à l’oral sur les nuisances de l’aéroport à Eysines

« Population maltraitée »

Car à Eysines, Le Haillan, Saint-Jean-d’Illac ou encore Mérignac, côté « Capeyron nord » insiste un retraité au détour d’une intervention, le sujet des nuisances est dans toutes les têtes, y compris au sortir d’une crise sanitaire qui aura vu le nombre de passagers de l’aéroport s’effondrer de 7 à 2,3 millions entre 2019 et 2020. Objectif affiché en 2022 : 5,5 millions. « Avant le Covid, ça devenait insupportable. On peut parler de maltraitance. Nous sommes une population maltraitée », soupire une dame dans l’assistance. Autant dire que les perspectives de développement de l’aéroport sont à manier ici avec délicatesse.

Les neuf candidats avaient quatre minutes chacun pour exposer leur vision du développement de l’aéroport.

Les neuf candidats avaient quatre minutes chacun pour exposer leur vision du développement de l’aéroport.

D. B.

Dans la salle, beaucoup d’interventions autour des nuisances sonores, Eysines se trouvant dans le couloir aérien.

Dans la salle, beaucoup d’interventions autour des nuisances sonores, Eysines se trouvant dans le couloir aérien.

D. B.

Expressément interrogé sur la suppression de la piste secondaire (15 % du trafic dans l’axe Martignas-Pessac), aucun des candidats présents ne se risque d’ailleurs à approuver cette hypothèse controversée qui reportait l’intégralité du trafic sur la piste principale. « Contre la suppression de la piste », Karine Nouette-Gaulain, investie par la majorité présidentielle dans la 5e, prône ainsi une « régulation optimale ». Benoît Simian, député sortant (ex-LREM, désormais indépendant), regrette un scénario fondé sur une « question budgétaire autour de la nécessité d’une simple réfection de la piste en 2026 » au regard des « nuisances aériennes disproportionnées » mais souhaite que « Bordeaux garde son image à l’international ».

Moratoire, observatoire, « plafond de verre »

De fait, l’essor de l’aéroport – 17 millions de passagers en 2035, selon une étude antérieure au Covid – suscite des avis plus partagés. Olivier Maneiro (LFI), dans la 5e, prône un « moratoire » et appelle à éviter « l’augmentation du trafic aérien », notamment en supprimant les vols « en cas d’alternative en train inférieure à 4 heures ». Si « l’aéroport est essentiel à notre région », Viviane Chaine-Ribeiro (LR, 5e circonscription), suggère de monter « un observatoire des nuisances » et relève comme d’autres la « permissivité inadmissible » des vols de nuit.

« Avant le Covid, ça devenait insupportable. On peut parler de maltraitance. Nous sommes une population maltraitée »

Lui aussi candidat LR, mais dans la 6e, Thomas Dovichi a prévenu, « on aura des désaccords ». « Un plan sera mis en place sur ces perspectives à long terme. Il ne faut pas pas faire de l’aéronautique le bouc-émissaire du réchauffement climatique. » Grégoire de Fournas (RN, 5e) met dans la balance « le développement de la Métropole, qui explose » mais s’en remet aux avions à hydrogène promis à long terme. « Le meilleur moyen de réduire les nuisances, c’est de les répartir : que tout le territoire soit un peu dérangé plutôt que vous qui subissez l’enfer », poursuit Jimmy Bourlieux (RN, 6e).

« Le business, on s’en moque »

« Je suis surprise que plusieurs candidats demandent un observatoire », reprend Roxane Maury (Reconquête, 5e). « Il faut juste du bon sens et être uni pour que ça cesse. L’humain avant tout, le business on s’en moque. » Applaudissements. Jérôme Paris (Reconquête, 6e) clôt les interventions, appelant à fixer un « plafond de verre pour le trafic aérien » et dénonçant un développement à coups de fonds publics « pour des gens qui vont faire la nouba contre 15 euros je ne sais pas où ».